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vendredi, 3 juillet 2009

Commission Stiglitz : peut mieux faire !

Le 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy fait sensation. Lui, le libéral et ami des patrons, après avoir annoncé en 2007 vouloir aller chercher la croissance (du PIB) « avec les dents », annonce la mise en place d’une commission « d’experts de hauts niveau », sous la responsabilité de Stiglitz pour réfléchir aux limites des instruments actuels de mesure des performances économiques et sociales. La commande initiale était sans équivoque : « les Français n’en peuvent plus de l’écart grandissant entre des statistiques qui affichent un progrès continu, et les différences croissantes qu’ils éprouvent dans leur vie quotidienne ». Le PIB est jugé « trop quantitatif, trop comptable », et pour « favoriser un autre type de croissance, il faut changer notre instrument de mesure de la croissance ».

 

Le 2 juin dernier, la commission Stiglitz a publié un rapport provisoire en anglais pour susciter des réactions. Le collectif Forum pour d’Autres Indicateurs de Richesse (FAIR) n’a pas manqué l’occasion. Il a publié une 1ère lecture critique intitulée « un diagnostic juste, des propositions encore timides ». Plutôt bon sur la critique classique du Produit intérieur Brut (PIB), le rapport Stiglitz, selon FAIR, serait assez décevant sur les alternatives. Il indique très clairement comment les indicateurs dominants trompent les débats publics en ne transmettant pas les signaux face à l’éminence de crises majeures, ou les informations relatives « au bien-être durable, aux inégalités, à la pression environnementale ». Les pistes sont de trois ordres : compléter le PIB en y intégrant la valorisation monétaire du travail domestique ou des loisirs ; développer des indicateurs de qualité de vie ; créer des indicateurs de développement durable. Ces pistes ne sont pas nouvelles. Généralement assez ou très techniques, elles nécessitent pour la plupart des mises en équivalence monétaire qui étendent la monétarisation du social (activités humaines non marchandes…) et de l’environnemental (ressources naturelles, biodiversité…). Dans tous les cas, ces outils ne semblent pas à la hauteur des enjeux et en mesure d’éclairer pleinement les débats publics.

 

On retrouve ici la dernière critique, de méthode, qu’adresse le collectif FAIR à la commission Stiglitz : « la société civile organisée a été tenue totalement en dehors de ses discussions ». Dominique Méda, dans le Monde du 22 avril 2008, avait déjà annoncé qu’à se réunir entre économistes cherchant une « formule magique » et la « perfection technique », les solutions proposées seraient bien « incapables […] de rendre visibles les malaises de notre civilisation ». D’ailleurs, c’est pour que la société civile soit largement associée aux réflexions que le collectif FAIR a été créé et a multiplié les initiatives (conférence au Sénat, lettres ouvertes, interpellations de la société civile…) et que Jean Gadrey, après avoir appelé au boycott de la commission Stiglitz, avait accepté de participer à ses travaux. Sans grand succès pour l’instant. Raison pour laquelle le collectif organisait un « café presse » ce 1er juillet… en compagnie de la CFDT, de la CGT, de Solidaires, du WWF, des Amis de la Terre et de la CG SCOP. Une configuration originale pour une initiative commune salutaire…

 

Chacun-e est invité-e à réagir sur le site de la commission

lundi, 29 juin 2009

Copenhague : sortir du capitalisme pour sauver la planète ?

Une partie de l’avenir de la planète se joue du 7 au 18 décembre 2009 lorsque les gouvernements du monde se réuniront à Copenhague pour la 15ème Conférence des Nations Unies sur le Réchauffement Climatique (COP-15). Du rapport Stern aux rapports du GIEC,  en passant par les films d’Al Gore et Yann Arthus-Bertrand, les preuves grand public du réchauffement climatique causé par l’Homme sont partout. Le climat se dérègle déjà au delà des prévisions les plus pessimistes.

Le dernier rapport du GIEC indique très clairement que, pour ne pas dépasser une augmentation de 2°C de la température terrestre d’ici la fin du siècle, le monde devra d’ici 2050 réduire ses émissions de gaz à effets de serre de 90 % ! On en est loin. Les engagements de l’UE se limitent à 20 % de réduction pour 2020…

Dans la lignée d’un Ban Ki-Moon pour lequel « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas », le collectif Ultimatum Climatique a publié le 25 mai un appel affirmant que le climat nous lance un ultimatum et qu’un accord est impératif : sur leur site, les jours nous séparant de Copenhague sont d’ailleurs décomptés comme s’il s’agissait de nos derniers jours à vivre. Au risque, qu’à force de mettre le doigt sur l’urgence et l’absolue nécessité d’un accord…, on en vienne à préférer un mauvais accord dicté par les desiderata des Etats-Unis et la Chine, plutôt que pas d’accord du tout. 

Déjà, les Amis de la Terre pointent ce risque. Raison pour laquelle cette association entend lier questions climatiques et justice sociale considérant que la crise environnementale ne se résoudra pas en laissant inchangés les rapports Nord-Sud, le mode de production et de consommation du Nord, les inégalités sociales, etc… Cette approche est également celle du collectif Urgence Climatique Justice Sociale, dont fait partie Attac, qui considère que les pistes techniques telles que l’enfouissement des gaz, les agrocarburants, etc…ne sont en rien des solutions mais une partie des problèmes à résoudre. Ce collectif vient d’ailleurs de publier le compte-rendu d’une rencontre de mouvements sociaux internationaux dont la majorité soutient que le règlement des problèmes climatiques est insoluble dans un système capitaliste, ou tout du moins néo-libéral et productiviste…

 Le PNUD lui-même affirmait dans son rapport 2007-2008 que « le modèle économique des pays riches (poussant à la croissance et à la consommation)… est écologiquement insoutenable ».

Tout un programme…

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