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Echos de l'éco

.... Billets "d'analyse", en quelques lignes, des infos éco qui m'ont interpellé !

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vendredi, 6 juillet 2007

le CNE contraire à la convention de l'OIT !


Le Contrat Nouvelle Embauche (CNE) n'avait pas convaincu grand monde. Pas même les entreprises. Ses résultats médiocres (voir ici) vont de pari avec une véritable accentuation de la précarité des détenteurs de ces contrats.

Il est aujourd'hui contraire aux conventions de l'Organisation Internationale du Travail ratifiées par la France. La Cour d'appel de Paris a jugé vendredi 6 juillet que le CNE était contraire à la convention 158 de l'Organisation internationale du travail, estimant déraisonnable le délai de deux ans durant lequel un salarié embauché en CNE peut être licencié sans motivation.

Elle constate d'abord que "durant une période de deux années, le CNE prive le salarié de l'essentiel de ses droits en matière de licenciement", le ramenant à une situation où la charge de la preuve de l'abus de la rupture du contrat de travail lui incombe. "Cette régression, qui va à l'encontre des principes fondamentaux du droit du travail dégagés par la jurisprudence et reconnus par la loi, prive les salariés des garanties d'exercice de leur droit au travail", estime la Cour.

La juridiction s'étonne d'ailleurs : "Dans la lutte contre le chômage, la protection des salariés dans leur emploi semble être un moyen au moins aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier" et remarque "qu'il est pour le moins paradoxal d'encourager les embauches en facilitant les licenciements".

En conséquence, "le contrôle de proportionnalité ne permet pas de considérer que le délai de deux années institué par l'ordonnance du 2 août 2005 soit raisonnable" au regard de la convention 158 de l'OIT, a conclu la Cour.

mardi, 3 juillet 2007

Le contrôle fiscal des chomeurs sanctionné par le Conseil d'Etat !


Fin 2005, le gouvernement Villepin veut démontrer que les sans-emploi sont des fraudeurs qui bénéficient de revenus non-déclarés...

L'idée est mise en décret.

Ce denier élargissait l'accès des agents chargés du contrôle de recherche des travailleurs involontairement privés d’emploi à certaines données des administrations sociales et fiscales, "sur demande" en cas de "présomption de fraude". Le croisement des fichiers était aussi valable dans l'autre sens : les organismes de l’assurance-chômage pouvaient communiquer aux organismes de sécurité sociale "les renseignements nécessaires à la garantie des droits sociaux des bénéficiaires du revenu de remplacement".

Dans son arrêt du 2 Juillet 2007, le conseil d’état donne raison aux associations de chômeurs en annulant le décret du 22 Décembre 2005, relatif au contrôle fiscal et social aux demandeurs d’emploi. En effet, ce décret est entaché d’irrégularités en ne respectant pas les règles de droit en la matière.

Un pas en arrière sur le flicage - euh, le contrôle - des personnes sans emploi.

lundi, 2 juillet 2007

Electricité et TVA sociale, les oubliés de la présidentielle...


L'ouverture du marché de l'électricité aux particuliers est l'occasion de rappeler que les candidats à la présidentielle, et notamment Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal (voir ici), n'ont absolument pas évoqué le sujet.

Preuve sans doute que les grands candidats, dont Ségolène, sont d'accord sur le fond, le libéralisme économique. En d'autres temps, la gauche aurait unanimement exigé le maintien des tarifs régulés, seuls à même d'assurer une péréquation géographique et sociale qui privilégie - encore un peu - l'usager sur les profits financiers.

Autre absente des débats, la TVA sociale a fait son apparition entre les deux tours des législatives. Avec les résultats que l'on sait. Et si la TVA sociale avait été débusquée pendant la présidentielle comme elle le fut un soir de premier tour des législatives -mais Ségolène en avait-elle vraiment envie - la gauche sociale-libérale et la gauche anti-libérale aurait pu mener cette bataille concrètement et délégitimer l'idéologie programmatique de Nicolas Sarkozy (voir ici pour la TVA Sociale).

A se demander si les grands candidats n'ont pas préféré drapeaux et Marseillaise plutôt que les frais débats..., ceux qui clivent et dégagent des orientations antinomiques !

samedi, 30 juin 2007

Les chômeurs en voie de disparition statistique !


En chaque fin de mois, le même refrain. Le gouvernement se gargarise de la nouvelle baisse du chômage, et, syndicats et statisticiens alertent l'opinion publique : le nombre de sans-emploi en France est bien plus élevé que la statistique officielle. Dernier chiffre en date : 8,1 %, soit moins de 2 millions de chômeurs en France. C'est la première fois que le chiffre officiel repasse sous cette barre symbolique depuis 1983.

Rappelons que Nicolas Sarkozy s'est donné pour mission de ramener le taux de chômage à 5 % de la population active. Aucune raison qu'il n'y arrive pas. Il existe trois possibilités pour réduire ce taux :

  • diminuer le nombre de chômeurs réels : la conjoncture économique plutôt moins défavorable que ces dernières années devrait y contribuer un peu ;
  • augmenter la taille de la population active (le dénominateur du "taux de chômage") : la politique de Nicolas Sarkozy de déréglementation du contrat de travail - en cours - facilitant les contrats courts et les temps partiels - comme au Royaume-Uni - y contribuera fortement ;
  • réduire le nombre officiel de chômeurs par différents procédés statistiques ou administratifs (radiations...) : c'est en cours depuis de nombreux mois (voir ici) au point que les économistes et statisticiens demandent de profonds changements (voir ici).


C'est à se demander si les chômeurs ne vont pas disparaître... de nos statistiques ! Car rassurons-nous, les personnes privées de travail continueront bien d'exister, elles. Comme au Royaume-Uni où, si le taux de chômage officiel n'est que 5 %, le nombre d'inaptes au travail non comptabilisés a cru de plus d'un million en moins de dix ans grâce à Tony Blair !

Il serait temps d'arrêter cette supercherie statistique !

mercredi, 27 juin 2007

La fin de la concurrence libre et non faussée en Europe ?


Avec le nouveau traité simplifié, Nicolas Sarkozy affirme avoir pris en compte le NON antilibéral français en ayant fait enlever des objectifs de l'Union la notion de la "concurrence libre et non faussée".

Est-ce donc la remise en cause du libéralisme économique au sein de l'UE ?

Certainement pas puisque le nouveau traité se contentera d'amender, au lieu de les remplacer, les traités existants : celui sur l'Union européenne et celui de Rome, qui sera rebaptisé "Traité sur le fonctionnement de l'Union". Or le principe de concurrence libre et non faussée est maintenu dans les traités existants. Il continuera donc d'inspirer les politiques économiques de l'Union.

Pas d'inquiétudes majeures - sic - l'Europe reste bien une Europe d'inspiration libérale !

Nicolas Sarkozy ne dit par ailleurs pas autre chose en affirmant que la "concurrence libre et non faussée" n'est qu'un moyen... et pas une fin. La fin, on la connaît : une économie européenne générant précarité pour la majorité, et richesses pour quelques-uns.

Et dire qu'il n'y a toujours pas eu de véritable débat européen, impliquant les peuples, pour définir l'avenir de l'Union...

dimanche, 24 juin 2007

A Potsdam, l'OMC a peut-être livré sa dernière bataille...


Organisée dans le plus grand secret, la rencontre de Potsdam réunissait les ministres du Commerce du Brésil, des Etats-Unis, de l'Inde avec le Commissaire européen au commerce international, auxquels s'étaient joints les ministres de l'agriculture. Elle se solde par un échec.

Aucun accord n'a été trouvé sur les deux dossiers clefs :

  • l'ouverture des marchés du Sud aux produits industriels des pays occidentaux par la diminution des droits de douane (principale source de revenus des pays du Sud) ;
  • la réduction des tarifs douaniers agricoles des pays du Sud en échange de l'ouverture des marchés des pays occidentaux et la réduction des aides que ces derniers pays apportent à la production et à l'exportation de leurs produits agricoles.

En l'absence d'accord, il semble peu vraisemblable qu'il soit possible, comme l'avait imaginé Pascal Lamy, de conclure le cycle de négociations lancé à Doha en novembre 2001

Après l'échec de la négociation du projet d'Accord Multilatéral sur l'Investissement (1998), après l'échec de la conférence ministérielle de Seattle (1999) puis de celle de Cancun (2003), l'enlisement du programme de Doha marque une nouvelle étape de la remise en cause de la libéralisation des échanges mondiaux. La mobilisation des pays du Sud et le mouvement altermondialiste y ont fortement contribué.

La prochaine échéance est d'ouvrir un espace multilatéral de négociations - les accords bilatéraux sont une impasse - pour réguler le commerce mondial pour le bénéfice des peuples et pas ceux des multinationales. Tout un programme.

mercredi, 20 juin 2007

L'OMC n'est pas morte, elle bouge encore !


On la croyait gisante et inerte ! Depuis juillet de l'année dernière, moment où les divergences entre les membres du G4 (EU, UE, Brésil, Inde) étaient telles que tout accord était impossible - sur les dossiers majeurs comme l'accès aux marchés non-agricoles (NAMA) et l'agriculture - l'OMC semblait avoir rendu les armes ! Les traités bilatéraux, encore plus dangereux pour les pays du Sud, l'avaient remplacée.

Pourtant, en ce mois de juin 2007, elle revient, plus sournoise que jamais et, bien vivante. De partout remonte l'information d'une reprise intense de négociations. La semaine dernière, des haut -fonctionnaires représentants du G4 ont préparé à Paris la réunion de Potsdam qui se tient depuis le 19 juin. Invités : les seuls représentants du G4. Au programme : la reprise des négociations !

Dans l'obscurité la plus totale, un accord à l'OMC est peut-être en voie de concrétisation... Un accord qui concerne pourtant l'avenir des milliards d'habitants de la planète !

lundi, 18 juin 2007

Sarkozy et Fillon, ennuyés pour financer leurs cadeaux fiscaux !


Dans « Les Echos » du 24 mai, le ministre du Budget, Eric Woerth, avait expliqué que le gouvernement tablait sur de bonnes rentrées fiscales pour compenser le manque à gagner du paquet fiscal. Bref, une cagnotte fiscale pour financer les cadeaux fiscaux aux plus riches d'entre nous.

Mais cela ne sera pas possible. Ironie de l'histoire, c'est Nicolas Sarkozy qui est responsable de cette impossibilité qui le met aujourd'hui dans l'embarras. En novembre 2004, alors qu'il était ministre des Finances, il fit voter la LOLF, la Loi Organique relative aux Lois de Finance.

Et celle-ci impose, entre autres, que le budget voté par le Parlement prévoit l'affectation définitive des éventuels surplus de recettes qui surviennent au cours de l'année. La Loi prévoit donc que l'on ne peut faire des surplus fiscaux que ce que le Parlement a voté quelques mois plus tôt.

Pour 2007 ? il est prévu de consacrer la totalité d'une possible « cagnotte » à la réduction du déficit public. Et non de financer les cadeaux fiscaux...

Sarkozy, pris à son propre piège ?


PS : en 2004, Nicolas Sarkozy avait affirmé que "baisser l'impôt alors que nous avions tant de dettes n'eût pas été un choix compris par les Français". N'est-ce plus vrai en 2007 ?

samedi, 16 juin 2007

La défiscalisation des heures sup, défavorables aux PME....


Loin de favoriser les PME, pourtant considérées en France comme les seules entreprises qui créent véritablement - même si petitement - de l'emploi, la défiscalisation des heures supplémentaires entraînera une augmentation du coût du travail horaire de certains salariés, pour les entreprises de moins de 20 salariés.

Voici l'explication :

  • dans les entreprises de moins de 20 salariés, en dépit du passage de 10 % à 25 % de la majoration de l'heure, le coût du travail (salaire + charges) sera bien minoré, tout du moins jusqu'à 1,27 SMIC ; au-delà, un léger surcoût apparaît, qui croît après 1,6 SMIC ;
  • dans les entreprises qui majoraient déjà les heures supplémentaires à 25 %, le coût du travail sera « inférieur à la situation actuelle quel que soit le salaire versé » : la baisse maximale atteint 2 % pour un salarié au SMIC effectuant 4 heures supplémentaires hebdomadaires.


L'important est de noter la différence de traitement entre les PME et les autres entreprises. Graphiquement, cela s'observe facilement :


Bref, le projet est loin de favoriser les PME.

Si on y rajoute tous les autres inconvénients et autres critiques on ne voit pas pourquoi un tel projet serait maintenu par des députés soucieux du bien commun... C'est une autre histoire !

mercredi, 13 juin 2007

la TVA sociale, la Taxe Vraiment Antisociale ?


L'annonce de la TVA sociale, qui survient après les propositions du paquet fiscal (pour les financer ?) consiste à baisser le coût du travail en basculant, des entreprises vers les ménages, une partie du financement de la Sécurité sociale, grâce à deux outils simultanés :

  • la réduction des cotisations patronales ;
  • l'augmentation de la TVA de plusieurs points (on parle de 5 points actuellement).


Dans son livre-programme Ensemble, Nicolas Sarkozy, justifiait la TVA sociale de la façon suivante : ce serait "un moyen pour lutter contre les délocalisations, pour créer de l'emploi, pour faire augmenter le pouvoir d'achat". "L'assiette de la TVA étant plus large que celle des cotisations sociales, environ un tiers de la baisse des cotisations pourrait être réalloué à l'augmentation du pouvoir d'achat".


Le gouvernement est en train de faire l'expérience que la TVA Sociale est une mesure plus facile à critiquer qu'à défendre. Non sans raison...

Les incohérences internes du projet :
  • les cotisations patronales ne peuvent être supprimées : le rendement financier de la TVA sociale, même augmentée à 25 % pour tous les produits, ne serait que de 82 milliards d'€ alors que les cotisations patronales rapportent 180 milliards d'euros ;
  • la neutralité sur les prix n'est pas assurée : partant du principe que les entreprises répercuteront intégralement la baisse de leurs cotisations sur les prix de leurs produits, les partisans de la TVA sociale en conclut que ce transfert n’aurait pas d’incidence sur les prix à la consommation des produits français malgré un taux « apparent » plus élevé ; or il n'est pas du tout assuré en cette période de pression sur les retours en investissements, que les entreprises n'utilisent pas la baisse des cotisations pour augmenter leurs marges.
  • la compétitivité des entreprises françaises : le projet vise à l'améliorer. Mais quelle est-elle aujourd'hui ? Avec la plus forte productivité horaire au monde, les salariés français ne sont pas un handicap pour les entreprises. La fiscalité française est-elle trop lourde ? Seul indicateur indiscutable, les investissements directs étrangers (IDE) placent la France en 4ème position.
  • une réduction de la concurrence provenant des pays à bas salaire ? l'augmentation de 5 points de la TVA revient à renchérir les biens importés : que vaut cet avantage de 2% quand les coûts salariaux sont 5 fois plus faibles en Europe centrale et 40 fois plus faibles en Chine qu'en Europe occidentale ?
  • une forme de dumping : généralisée à tous les pays, la TVA sociale, agissant comme une forme de dévaluation, devient inefficace.


Une mesure extrêmement criticable sur le plan politique :
  • les prix devraient augmenter : pour Thomas Piketty (par AFP) « A chaque fois qu'un gouvernement a augmenté la TVA, cette hausse s'est répercutée sur les prix », à hauteur de 60 % ou 70 %, selon les secteurs.
  • les cadeaux fiscaux n'étant pas financés, on peut se demander si la TVA sociale n'est pas un moyen ex post de le faire.
  • une augmentation des prix dans certains secteurs pourraient avoir des effets dramatiques et contreproductifs (fermetures et licenciements) ;
  • la TVA sociale opère un transfert au détriment des ménages : la hausse de l’imposition de la consommation aggraverait le déséquilibre du système fiscalo-social français.
  • augmenter le poids de la TVA dans la fiscalité aggrave les inégalités : la TVA touche uniformément les consommateurs, à la différence des impôts progressifs comme l’impôt sur le revenu ;
  • depuis 2002, l'euro s'est apprécié de 50% par rapport au dollar : ce n'est pas 5 points de TVA qui infléchira cette politique à la hausse de l'euro qui va à l'encontre de l'emploi ;
  • en augmentant le financement fiscal de la Sécurité Sociale, se pose la question de la gestion par les partenaires sociaux des caisses de retraite ou de maladie.

jeudi, 7 juin 2007

Changeons de chiffres du chômage...


Mardi 30 juin se sont tenus les Etats Généraux des chiffres du chômage et de la précarité. Il en ressort des propositions concrètes pour sortir de l'impasse dans laquelle se trouve le débat public autour des chiffres du chômage (cf. ici). Le mieux est de renvoyer le lecteur au communiqué final. Pour les plus pressés, voilà un bref résumé des propositions :

  • ne plus utiliser les données de l'ANPE comme indicateur du chômage mais les données trimestrielles de l'Enquête Emploi ;
  • sortir de la dichotomie chômage-emploi en proposant des indicateurs qui prennent en compte la diversité des situations : emploi réduit, ...
  • mieux utiliser les données administratives, notamment au niveau local, et dans l'explication des sorties des listes ;
  • élargir la palette des indicateurs statistiques en développant les concepts du BIT tels que le sous-emploi ou l'emploi inadéquat.


Une statistique publique indépendante des pouvoirs politiques et suffisamment financée devrait pouvoir intégrer ces éléments... Nous verrons bien...

samedi, 2 juin 2007

EADS, un problème d'actionnariat ?


En rencontrant Angela Merkel, mercredi 16 mai, Nicolas Sarkozy a présidentiellement confirmé son analyse de candidat sur la crise d'EADS. Pendant la campagne électorale, il avait souhaité de "vrais actionnaires" pour EADS. Il avait également plaidé pour "l'entrée de nouveaux actionnaires financiers et un actionnaire industriel pour piloter la boîte". La crise d'EADS est-elle seulement due à un problème d'actionnariat et de mauvaise gestion ?

De l'analyse des raisons de la crise découlent, plus ou moins directement, les remèdes à utiliser. Essayons d'y voir plus clair.

1. Les délits d'initié et autre parachute doré d'une direction fautive :

Cela ne fait plus de doute aujourd'hui, la direction d'Airbus et d'EADS ont profité de leur situation pour favoriser leur destinée tout en déstabilisant l'entreprise (1). Au point que Breton aurait tiré le parachute de Forgeard (cf. ici). pour limiter la casse. Il est donc clair que la direction d'EADS et d'Airbus sont en partie responsables des difficultés actuelles de l'entreprise.


2. Un actionnariat renouvelé aurait-il été à l'abri de tels comportements inadmissibles ?

Difficile de présager de comportements individuels. Néanmoins, Airbus évolue dans un milieu fermé de très grosses entreprises dont les directions profitent à plein de la financiarisation de l'économie :

- rémunérations en hausse ;

- parachutes dorés généralisés ;

- importance donnée à la réussite de la carrière personnelle dont les principaux indicateurs sont le poste occupé, la rémunération et la fortune personnelle, en lieu et places des réussites industrielles de l'entreprise (les premières ne sont pas forcément les conséquences des secondes) ;

- gestion financière de l'entreprise : le cours en bourse détermine nombre de choix économiques (investissements, emplois, rémunérations, gestion de la dette...) ;

- marketing médiatique pour rassurer les marchés ;

Il n'est pas abusif de penser que le climat économique et financier incite les comportements illicites ou limites tels que ceux de l'ancienne direction d'Airbus/EADS.


3. D'autres raisons ?
  • l'euro : En 2000 l’euro s’échangeait à 0,97 dollar. Aujourd’hui, l’euro s’échange à 1,31 dollar. Soit un renchérissement de plus de 30 %. Les coûts de production se sont d’autant renchéris. Airbus a donc perdu en compétitivité face à son concurrent Boeing, favorisé par un dollar faible. La politique de la Banque centrale européenne a contribué à affaiblir Airbus comme bien d’autres industries.
  • une stratégie européenne discutable : faire d'Airbus le leader de l'aéronautique a été l'alpha et l'oméga de la stratégie franco-allemande sur le dossier. A quoi bon si ce projet n'est pas aux profits des européens et, au minimum, des salariés de l'entreprise ?
  • le tout avion : en pleine crise écologique, à quoi bon baser la stratégie de développement d'Airbus sur le seul développement d'énormes avions tels que l'A380 sans imaginer dès aujourd'hui de reconvertir l'appareil industriel aux profits de mode de déplacements moins énergivores ?


Au final, n'en déplaise à Sarkozy, changer de direction ou d'actionnaires ne changera pas grand chose. Car cela ne s'attaque pas aux racines du problème :

  • un capitalisme financier débridé qui préfère le profit de court terme à la stabilité de long terme ;
  • un euro trop fort qui montre la prégnance de la finance et de ses intérêts sur les questions d'emplois et les intérêts des salariés.


(1) La Tribune a révélé mardi 29 mai qu'un plan interne de production de l'A380, prévoyant les retards de livraison, avait été édité juste avant que plusieurs dirigeants n'exercent leurs stocks-options.

vendredi, 1 juin 2007

Le co-développement d'Hortefeux, de la poudre aux yeux.... ?


Dans le Figaro de ce 1er Juin, Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement, en plus de se fixer comme objectif 25 000 retours à la frontière (ce qui est très coûteux, voir ici), présente ce qu'il entend par "co-développement". Il s'agit de "donner aux États du Sud et à leurs ressortissants les moyens d'avoir confiance en eux-mêmes et de construire un avenir en dehors de l'émigration".

Quels sont les moyens réellement mis en oeuvre ?

Alors que l'aide au développement de la France est loin d'atteindre les objectifs internationaux de 0,7 % du PIB (voir ici), elle n'est même pas mentionnée parmi les moyens de favoriser le codéveloppement. Seules deux idées sont présentées :

  • une meilleure allocation des transferts de fonds des migrants en France vers leur pays d'origine ; se basant sur le fait que 80 % de ces sommes sont consacrées aux consommations courantes, le ministre entend favoriser leur allocation vers des projets d'investissement économique. Oubliant sans doute que cette répartition n'est pas le fruit d'un hasard, et que les migrants sont assez grands pour choisir ce qu'ils entendent faire de leur épargne...
  • renforcer l'aide au retour volontaire. A en croire ce document officiel, cette aide n'est pas très élevée : 4000 euros pour la personne concernée + 3000 euros pour son conjoint et 2000 euros pour chacun des trois premiers enfants. Et à en croire le ministre, il y aurait eu seulement 1000 bénéficiaires en 2005 et à peine 2000 en 2006. Pas de quoi plomber les finances de l'Etat. Pas de quoi être à la hauteur des enjeux de développement des pays du Sud (1).


Espérons que les pays du sud n'attendent pas le co-développement de Brice Hortefeux. Pour le bien de leurs habitants...


(1) Giscard avait proposé 10000 francs pour tout algérien retournant an Algérie, ce qui avait inspiré au cinéaste Mahmoud Zemmouri son film Prends 10 000 balles et casse-toi. A l'époque, cette somme représentait une petite fortune – et, pourtant, les demandeurs ne s'étaient déjà pas bousculés...

jeudi, 31 mai 2007

"Travailler plus pour gagner plus" : un rapport du CAE retoque le projet de défiscalisation des heures supplémentaires !


Un rapport du CAE critique la promesse électorale de Sarkozy que Jean-Louis Borloo essaie de transformer en projet de loi. Ecrit par trois économistes (P. Artus, P. Cahuc, A. Zylberberg), non suspectés d'hétérodoxie, le rapport pointe plusieurs dangers :

  • un effet pervers qui consiste à « abaisser (ou à ne pas augmenter) le taux de salaire des heures normales et à déclarer fictivement un grand nombre d'heures supplémentaires », à la place de véritables augmentations de salaire ;
  • « un effet négatif sur l'emploi » puisque cette mesure « incite les entreprises à substituer des heures de travail aux hommes »;
  • un coût exorbitant pour la Sécurité Sociale qui devra être compensé par les finances publiques (3 à 5 milliards d'euros par an) ;
  • un problème de constitutionnalité d'égalité devant l'impôt : pourquoi un salarié aux 35 heures ayant fait 4 heure sup ne paierait pas d'impôt sur ces 4 dernières heures alors qu'un salarié aux 39 heures en paierait ?
  • une véritable usine à gaz se profile : il faut mettre en place un régime spécifique pour les cadres rémunérés au forfait jour, un autre pour les employés à temps partiel....
  • la mesure « ne constitue pas un moyen efficace de valoriser le travail ».


Une attaque en règle... Les promesses électorales démagogiques sont décidément difficiles à tenir...


On ne peut résister à ce petit calcul trouvé sur le site de Libération.

Enoncé du problème :

« J'ai trois salariés. S'ils sont d'accord et que sur leurs feuilles de paye, je déclare 39 heures au lieu de 35, avec un taux horaire plus bas, ils gagnent le même salaire, j'économise des charges et eux des impôts »

Explications :

Un salarié est payé 1 372 euros nets mensuels, soit 8,60 euros de l'heure pour 152 heures (35 h. hebdo.). S'il ne touche plus que 8 euros de l'heure, mais pour un total de 169 heures (39 h. hebdo.), il gagnerait 1 386 euros par mois, en incluant les 25% de bonification pour ses 4 heures supplémentaires par semaine. Tous les mois, il économiserait 24 euros d'impôts (s'il est célibataire), et son employeur 72 euros de charges sur les heures supplémentaires fictives.

mercredi, 30 mai 2007

Ouverture du marché de l'électricité : l'absurde libéral !


Prévue pour le 1er Juillet 2007, l'ouverture du marché de l'électricité pour les particuliers traduit un véritable dogmatisme idéologique qu'aucune raison économique ne permet de justifier.

Même l'UFC-Que Choisir incite les usagers à ne pas quitter l'opérateur historique : voir ici.

Au risque de nous répéter :

  • voir ici pour une analyse rapide ;
  • voir ici pour un 4 pages d'Attac France qui rejette cette libéralisation ;
  • et signer ici une pétition contre cette ouverture !
A quand un vrai débat public sur la question ?

Il est vrai que ni Nicolas Sarkozy ni Ségolène Royal n'avaient pris le temps d'évoquer la question lors de leur pourtant interminable débat d'entre-deux tours... (voir ici)

mardi, 29 mai 2007

Crédit d'impôts sur les prêts immobiliers


De quoi s'agit-il ?

Lors de la campagne, Sarkozy a tout évoqué : déduction, réduction, crédit d'impôt. Précisions :

  • la déduction s'opére à partir du revenu imposable ;

  • la réduction, plus simple, se fait directement sur le montant de l'impôt ;

  • le crédit d'impôt, dans ce cas, est une réduction d'impôt lorsqu'elle lui est inférieure, et un don du fisc lorsqu'elle lui est supérieure.

Au final, il s'agirait d'un crédit d'impôt, à hauteur de 20 % des intérêts, qui concernerait aussi les ménages non imposables. La mesure serait limitée dans le temps.

Qu'en attendre ?

  • Une augmentation de la demande de logements : comme l'offre d'appartements est limitée, cela encouragera la hausse des prix, ce dont se félicitent les professionnels ;

  • En l’absence de plafond, les plus gros emprunts seront les principaux bénéficiaires, c'est-à-dire les ménages disposant des plus gros revenus, ceux qui ont le moins besoin d’incitations fiscales de ce type.

  • La France ne manque pas de dispositifs fiscaux incitant à l'accession à la propriété immobilière (les niches Robien, Perissol, Borloo...).L'expérience passée montre que le rendement économique des aides fiscales au logement est extrêmement faible. Qu'il s'agisse des subventions à l'immobilier locatif, des allocations logement... ou de la déduction des intérêts d'emprunt (pratiquée en France jusqu'en 1997), toutes les évaluations disponibles indiquent que ces aides se transmettent presque intégralement en inflation immobilière, sans réel impact sur la construction et les conditions de logement.

Résumé : un coût de près de 5 milliards d'euros par an, pour un rendement quasi nul.

=> C'est une mesure de subvention des propriétaires, pas du logement : cela n'a économiquement guère de sens de déduire les intérêts d'emprunt payés par les propriétaires sans autoriser également la déduction des loyers payés par les locataires. Si l'on avait souhaité subventionner le logement, qu'importe que le paiement du service de logement prenne la forme d'intérêts ou de loyers.

=> Plus important de loger les Français que de servir les propriétaires : développer un vrai pôle public du logement créant des logements sociaux et rénovant les existant est la nécessité n°1 !

Et le prêt à taux zéro ?

Le prêt à taux zéro (autre forme d'allégement du coût du crédit), entré en vigueur le 1er octobre 1995, est ciblé sur les revenus compris entre deux et trois smic : c'est un excellent instrument pour aider les ménages modestes à acheter leur logement principal.

En 2006, environ 235 000 prêts à taux zéro ont été distribués, pour un montant moyen de 15 350 euros et un coût budgétaire pour l'Etat d'environ 750 millions d'euros, et de 770 millions d'euros prévus en 2007.

mardi, 22 mai 2007

Hirsch - Sarkozy : franche opposition sur la franchise ?


Devant la proposition de Nicolas Sarkozy d'instaurer une franchise sur les soins, Martin Hirsch, ancien président d'Emmaus et actuel membre du gouvernement, s'est dit opposé au projet (voir ici par exemple).
Quelques heures plus tard et après une entrevue avec Roselyne Bachelot, ministre de la santé, Hirsch s'est dit rassuré par la promesse que les "personnes en difficulté" ne seront pas concernées par la franchise. (voir ici par exemple). Faut-il y voir un pas en arrière de Fillon et Sarkozy ?

Si on peut y voir une nuance dans le discours, le projet, foncièrement idéologique, n'est pas remis en cause. Jusqu'à présent, pour atténuer les craintes devant le projet, Nicolas Sarkozy, d'émission en émission, a diminué le montant de la franchise, parlant de 50 à 100 euros par an pour en arriver à quelques centimes d'euros par acte (voir ici). Reconnaître qu'il faut introduire de la solidarité en préservant de la réforme les personnes en difficulté est donc une nette évolution ... mais qui ne remet pas en cause ce projet d'idéologues dogmatiques !

Pourquoi considérer que l'introduction d'une franchise sur les soins est une mesure idéologique ?

  1. parce qu'elle est un non-sens économique : loin de lutter contre la hausse des dépenses de santé, une telle franchise pourrait même inciter à l'augmentation des dépenses. En effet, 70% de la dépense totale est le fait de 10% de patients qui sont atteints de lourdes pathologies. Une fois la franchise payée, la logique économique sera de dépenser le plus possible sur l’année en cours.
  2. parce que c'est l'inverse d'une politique cohérente de santé publique : on cherche à dissuader les petits ou moyens consommateurs de se faire soigner pour des maladies apparemment moins sévères et pour les actes de prévention que l’on croit toujours pouvoir « reporter » à plus tard. La franchise défavorise donc la prévention... Retarder ou annuler des soins de prévention, c'est s'assurer de soins futurs lourds, beaucoup plus onéreux pour la collectivité.
  3. parce que c'est une remise en cause fondamentale de la solidarité : la franchise marque la fin d’un système d’assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son revenu et qui protège, équitablement, les individus en bonne santé et les malades. On quitte la logique de la solidarité pour celle de l’assurance privée. Un tel système pourrait désinciter les patients aux faibles revenus, mais pas assez pauvres pour en être dispensés, à recourir aux soins.


Comme le dit la pétition, ce projet de franchise est :

  • socialement injuste ;
  • économiquement inefficace ;
  • dangereuse pour la santé publique.


C'est donc bien une attaque idéologique contre l'esprit de solidarité. Solidarité entre jeunes et moins jeunes, entre malades et bien portants.

La haine du secteur public et de la solidarité collective sont donc les moteurs d'une droite décomplexée qui préfère les dépenses de santé privées à la mode américaine plutôt que les dépenses publiques. On est là en pleine logique et idéologie libérales : les dépenses privées, parce que privées, sont toujours préférables aux dépenses publiques.

Pourtant, alors que les Etats-Unis dépensent 15,3 % de leur PIB à la santé de leurs habitants, la France n'en dépense que 10,5 % (voir ici), ce qui en valeur absolue signifie que les dépenses de santé par an et par habitant sont quasiment deux fois plus élevées aux Etats-Unis qu'en France (voir ici). Le projet de Sarkozy, par sa remise en cause profonde de la logique solidaire du système de santé français, vise donc à nous rapprocher du système américain au sein duquel la part des dépenses publiques ne représente que 42 % des dépenses contre près de 80 % en France (voir ici). Sans voir que la part des dépenses publiques de santé augmentent bien plus vite aux Etats-Unis qu'en France : sur la période 1990-2004, ces dernières ont augmenté de 5 points de pourcentage aux Etats-Unis contre moins de 2 points en France (voir ici).

Le débat sur la franchise de soins gagnerait donc à être abordé frontalement sur ses versants idéologiques : quelle place pour la solidarité collective ? Assurance privée ou solidarité ?

dimanche, 20 mai 2007

Défiscaliser les revenus étudiants, à quoi bon ?

Dimanche 20 mai, dans l'émission "Dimanche +", sur Canal+, Xavier Bertrand, le ministre du travail, s'est engagé, conformément à une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy, à exonérer totalement d'impôt le revenu des étudiants qui travaillent.

A quoi bon ? Pour répondre, regardons à qui profite une telle mesure. D'une manière générale, les étudiants ne gagnent pas assez pour être imposables. Du coup, seules deux catégories d'étudiants seront bénéficiaires :

  1. Les boursiers qui, pour financer leurs études, doivent en plus travailler : ils pourront voir leurs aides augmenter car les revenus tirés de leur travail ne seront plus pris en compte dans le calcul de leurs aides ;
  2. Les étudiants salariés issus des familles les plus favorisées, rattachés au foyer fiscal de leurs parents et qui ne rentraient pas dans les critères d'exonération habituel.

Pour aider les boursiers, on aurait espéré une refonte et une augmentation très nette des bourses d'étude.

Pour les seconds, à quoi bon aider fiscalement des parents déjà très aisés ?

Bref, peut-être que le gouvernement devrait revoir sa copie...

Nota : nous n'évoquons même pas le double substrat idéologique d'une telle mesure : entériner le travail des étudiants comme normal et considérer que l'amélioration des conditions de vie des personnes passe par une réduction de leur imposition... Deux choix idéologiques qu'il faudrait peut-être étudier...

vendredi, 18 mai 2007

Travailler plus pour gagner plus, quelques vérités


Après le 6 mai, revenons sur la démagogie d'un slogan en s'appuyant sur cet excellent document, en 5 points :

  • les Français-es n'en veulent pas (cf. ici) : une majorité de Français (53%) veulent voir « leur durée de travail actuelle garantie par la loi », plutôt que « pouvoir travailler plus pour gagner plus » (45%) ;


  • travailler plus de 35 heures c'est déjà possible : le décret du 21 décembre 2004 a élargi le contingent d'heures supplémentaires à 220 heures par an et par salarié, dans le cadre d'une durée maximale fixée à 48 heures.


  • le choix de travailler plus pour gagner plus n'appartient jamais au salarié : le pouvoir d'allocation du travail dans une enteprise reste foncièrement celui du patron, et non du salarié. Le premier décide du temps de travail et des horaires du second : les salarié-e-s en temps partiels subis le savent bien !


  • les taux de majoration des heures supplémentaires n'ont cessé d'être revus à la baisse, notamment pour les PME : dans les entreprises de moins de 20 salariés, une personne au SMIC ayant effectué 4 heures supplémentaires percevra 10 % de 8,27 euros multiplié par 4, soit 3,3 euros ! Enorme !


  • plutôt que d'augmenter les bas salaires, il s'agit donc d'augmenter (peu) le niveau de vie en augmentant (beaucoup) la quantité de travail, ce qui revient à pérenniser les bas salaires et conforter l'inégale répartition des richesses.


Pour un dossier complet, voir ici.

Jusqu'à preuve du contraire, si l'on prend comme étalon le revenu horaire, le slogan de Sarkozy est plutôt "travailler plus pour gagner moins". Avec un effet négatif sur l'emploi ! tout pour plaire !

lundi, 14 mai 2007

Les LBO, nouvelle plaie du capitalisme mondial...???


Les LBO (leverage buy-out), acquisitions par emprunt en français, consistent à racheter une entreprise en s'endettant, par un subtil effet de levier financier. Cette opération permet à des fonds d'investissements de racheter l'entreprise avec une mise de fonds qui ne représente qu'une fraction de la valeur de la cible. Le solde, le montant de l'emprunt, est remboursé si les dividendes sont supérieurs aux intérêts du prêt. Les LBO incitent donc les nouveaux actionnaires à accentuer leur pression pour augmenter les retours sur investissements de court terme (augmentations des dividendes, du prix de l'action...) au détriment de l'investissement productif et des salaires.

Ces acquisitions de sociétés ont connu un important essor aux États-Unis (depuis les années 1970) et en Europe (à partir des années 1980). Ils ont représenté en 2006 plus de 50% des opérations menées par des fonds d'investissement. Les transactions de fonds LBO ont atteint quelques 600 milliards de dollars en 2006.

La France est le troisième pays d'accueil en termes d'investissements en LBO, derrière les Etats-Unis et l'Angleterre. La raison en est simple : les entreprises françaises sont en bonne santé et capables de rembourser rapidement leur dette.

Ce sont donc des cibles de choix. La FNAC pourrait être la prochaine....

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