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Echos de l'éco

.... Billets "d'analyse", en quelques lignes, des infos éco qui m'ont interpellé !

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi, 9 mai 2007

La fin du libéralisme économique et du consensus de Washington ?


Loin de la politique franco-française, les indices d'une remise en cause fondamentale du consensus de Washington (1) et du libéralisme économique, déjà mis à mal par les conséquences désastreuses de leur application, se multiplient à vitesse grand V au niveau international ! En voici quelques-uns :

  • les banquiers centraux des pays les plus riches ont remis en cause les bienfaits du libéralisme à la fin de l'été 2006 (voir ici) ;
  • la BM est en passe de réhabiliter le rôle de l'Etat en proposant que ce dernier intervienne plus directement pour soutenir les agricultures des pays du Sud (voir ici et ici)
  • le Vénézuela a annoncé le 30 avril qu'il allait quitter le FMI et la Banque Mondiale (voir ici)
  • l'Equateur vient d'expulser le représentant de la Banque Mondiale (voir ici)
  • la Banque Mondiale, victime du népotisme de son président Paul Wolfowitz, est aujourd'hui discréditée de toute part, notamment parce que le problème de la dette des pays du tiers-Monde reste entier !
  • plusieurs pays latino-américains (Argentine, Bolivie, Brésil, Equateur, Paraguay, Venezuela) sont en train de jeter les bases de deux institutions nouvelles : un fonds monétaire du Sud et une Banque du Sud qui serait dotée d'une mise de départ de 600 millions de dollars !
  • le FMI, privé de remboursements de dette provenant des pays du Sud (baisse des taux d'intérêt au niveau mondial et remboursements des dettes par les pays du Sud) est dans une situation financière difficile ;
  • les pays en développement n'ont jamais disposé d'autant de réserves de changes qui atteignent aujourd'hui 3000 milliards de dollars, contre 160 pour la zone euro et 40 pour les Etats-Unis.


Il n'en faudrait pas beaucoup plus pour que la mort du consensus de Washington emporte avec lui ses deux principaux promoteurs : le FMI et la Banque Mondiale.

Soyons attentifs aux prochains semaines ! Et notamment aux prises de position de la France à ce sujet... et aux décisions du prochain G8, début juin en Allemagne (voir ici).


(1) En 1989, à Washington, l'économiste John Williamson a proposé une liste de dix prescriptions économiques qui résumaient la position des institutions financières internationales (Banque mondiale, Fonds monétaire international) et du Département du Trésor américain. Ses prescriptions reposent

jeudi, 3 mai 2007

Le débat Sarko-Ségo oublie l'électricité...


Alors que le marché de l'électricité pour les particuliers sera libéralisé le 1er Juillet 2007, aucun des deux candidats n'a jugé bon d'évoquer cette question lors du débat télévisé du mercredi 2 Mai. Ce débat aurait pourtant pu permettre de clarifier le débat sur le libéralisme économique et son impact sur les plus pauvres d'entre nous. On aurait pu distinguer :

  • le discours libéral qui défend l'ouverture du marché de l'électricité qui favorise les profits des actionnaires des principaux producteurs et diffuseurs ;
  • le discours anti-libéral qui démontre, exemples à l'appui (Royaume-Uni...) qu'une telle ouverture du marché ne produit qu'augmentation de tarifs et dysfonctionnements majeurs...

Ni Sarko, ni Ségo n'ont jugé bons d'éclairer les électeurs sur le sujet...

Peut-être parce qu'ils sont en fait d'accord sur cette libéralisation....

Et pourtant :

  • voir ici pour une analyse rapide ;
  • voir ici pour un 4 pages d'Attac France qui rejette cette libéralisation ;
  • et signer ici une pétition contre cette ouverture !

vendredi, 27 avril 2007

Attaquer l'Etat-Providence de biais...


La solidarité et la redistribution des richesses forment un pan de l'Etat-Providence, ce que les économistes appellent sa "fonction de répartition". Celle-là même que conservateurs et libéraux de tout poil ont toujours cherché à réduire ou éliminer. Celle-là même que tous les gouvernements de droite de la planète remettent en cause dès leur arrivée au pouvoir.

Les pourfendeurs de la solidarité et de la redistribution des richesses ont expérimenté deux grandes options tactiques.

La première vise à remettre en cause leurs principes-mêmes : égalité, redistribution, solidarité...

A cette première option se greffe aujourd'hui une tactique de biais bien plus pernicieuse visant à dénoncer ceux qui en profiteraient indûment et en confisqueraient les bénéfices. S'en prenant à la "culture de la dépendance" et aux comportements tricheurs et profiteurs qui en découleraient, cette option est aujourd'hui reprise par Nicolas Sarkozy.

Il affirme ainsi : « Je n’accepte pas qu’il y ait des gens qui soient au RMI et qui, à la fin du mois, aient autant que des gens comme vous des salariés qui se lèvent tôt le matin. »

Il rajoute que « l’assistanat généralisé est une capitulation morale. L’assistance est une atteinte à la dignité de la personne. Elle l’enferme dans une situation de dépendance. Elle ne donne pas assez pour une existence heureuse et trop pour inciter à l’effort ».

Bref, ce second type de critique vise à opposer ceux qui bénéficient de ceux qui paient, pour faire naître une division politique entre tous les bénéficiaires potentiels de cette partie de l'Etat-Providence. Une fois le vers dans le fruit, il sera plus facile de réduire drastiquement ce pan de l'Etat-Providence.

Pour détruire de l'intérieur les principes de solidarité et de redistribution, rien de tel de construire une division de toute pièce entre les bénéficiaires et ceux qui ne le sont pas encore mais qui craignent de le devenir. Les deux s'en mordront les doigts lorsqu'il n'y en aura plus !

mercredi, 25 avril 2007

Besson, preuve par l'exemple du reniement idéologique du PS


Que penser du ralliement de Besson à Sarkozy ? Simple péripétie de campagne ou véritable révélateur d'une convergence idéologique entre le PS et la droite sur les questions économiques ?

Poser la question, c'est commencer à y répondre. On peut bien sûr dire qu'Eric Besson a claqué la porte du PS parce que blessé dans son orgueil de conseiller économique non avisé à temps du Pacte Présidentiel.

Mais est-ce suffisant ?

Comment un conseiller économique du PS écouté et apprécié Rue Solférino, si ce n'est de Ségolène, peut-il, alors qu'il affirme que son "ralliement n'est pas un reniement" (1), aller poursuivre son activité à l'UMP sans que cela ne trahisse la proximité intellectuelle du PS et de l'UMP sur les questions économiques ?

Ce ralliement, au-delà d'une trajectoire personnelle, nécessitait que de solides ponts idéologiques existent. Des ponts que les deux décennies de dérives libérales du PS n'ont cessé de construire.

CQFD.

(1) Europe 1, le 24 Avril 2007

jeudi, 19 avril 2007

La France qui se lève tôt de Nicolas Sarkozy...


...

... rien de mieux que de vous renvoyer à l'argumentaire réalisé par le collectif LFQSLT : http://hoplasurinternet.free.fr/lafrancequiselevetot/tract_France_qui_se_l_ve_t_t_dimanche.doc

Bonne lecture !

mercredi, 18 avril 2007

Airbus et Forgeard, révélateurs de trois projets de société...


Le parachute doré de Noël Forgeard à son départ d'EADS (6,1 millions d'euros d'indemnités plus une prime de non-concurrence de 2,4 millions d'euros) face au 10 000 suppressions d'emplois du plan POWER 8 d'Airbus ont suscité une indignation assez générale. En pleine campagne électorale, il n'aurait pu en être autrement.

Si on laisse de côté le FN, on observe pourtant trois types de propositions différentes pour remédier à ces "comportements inadmissibles" :

  • du MEDEF à Sarkozy, on s'indigne, en laissant entendre que ces comportements sont peu nombreux, et qu'il ne faut surtout pas légiférer : Madame Parisot n'a-t-elle pas dit que "le débat permettra de réguler" ce type de comportements ? (1)
  • au PS de Royal, on envisage une loi... pour légiférer contre les excès de rémunération des patrons en exigeant plus de transparence !
  • les candidats antilibéraux, unanimes, veulent eux changer de logique et remettre en cause le capitalisme financier qui régit la vie de millions de personnes.

Ces trois types de réaction recoupent trois grands types de projets :

  • un projet de régression sociale baignant dans l'ultra-libéralisme, celui de Sarkozy ;
  • un (non)projet de renonciation et de simple accompagnement des dégâts du libéralisme de Royal ;
  • un projet de rupture avec l'organisation libérale du monde économique pour mener une vraie transformation sociale, porté par les candidats antilibéraux.

A nous de choisir le 22 Avril...

(1) Thierry Breton ayant sans doute cautionné un tel parachute, on en attendait pas moins ! (voir ici)

mercredi, 11 avril 2007

Des propositions pour lutter réellement contre le chômage ?

En cette période où la principale mesure du gouvernement contre le chômage est de bidonner des chiffres officiels pour justifier sa politique anti-sociale, voilà quelques éléments, rédigés pour la campagne Bové et tous ses porte-paroles, pour discuter du fond : comment agir pour éradiquer réellement le chômage ?

Bien sûr, on est loin des appels incantatoires aux modèles sociaux nordiques ou britanniques où le plein emploi n'est que de la poudre aux yeux (voir prochain post...)

Comment éradiquer réellement le chômage ?

Ne peut-on pas commencer par interdire les licenciements aux entreprises qui font des profits et exiger de les voir rembourser les aides publiques perçues ?

Et ensuite, surtout, laisser tomber les VIEILLES politiques libérales de droite et de gauche qui ont montré leurs échecs depuis 30 ans : 4,5 millions d'inscrits à l'ANPE, 1,3 million de RMISTES.

D'autres politiques sont possibles. Des politiques NOUVELLES. Pour mettre fin au travail jetable. Les salariés d'Airbus, d'Alcatel, de PSA sont des femmes et des hommes avant d'être une variable d'ajustement d'actionnaires avides de profits faciles.

Pour éradiquer le chômage et créer des emplois, voilà 4 propositions à jeter dans le débat :

développer des activités nouvelles, profitables à tous : service public de la petite enfance, développement des énergies renouvelables, économie sociale et solidaire ;

partager le travail et renforcer les services publics existants (école, santé, transports...)

développer la formation tout au long de la vie et sécuriser les parcours professionnels ;

imposer à la BCE et à l'Union Européenne de favoriser l'emploi en Europe (baisse des taux d'intérêt, euro plus faible, politique volontariste d'harmonisation sociale...)

dimanche, 8 avril 2007

La DETTE, une imposture d'hypocrites ?

Une peu d'hauteur de vue !

Histoire de replacer le débat dans son contexte, rappelons que la dette la plus insupportable et la plus insoutanable qu'il soit est celle des des pays les plus pauvres que les pays riches refusent d'annuler malgré leurs promesses successives et répétées (du G8 De Cologne en 1999 à celui de 2005 en Ecosse) (plus d'infos sur le site du CADTM)

La dette française est-elle insupportable ?

  • C'est le principal argument pour justifier les réductions de dépenses publiques et l'absence de volontarisme politique ;
  • la dette n’augmente pas à cause de « dépenses excessives » : leur part dans le PIB est à peu près constante ;
  • la dette augmente en raison de taux d’intérêt trop élevés, et en raison de la réduction des recettes de l’Etat à travers les cadeaux fiscaux qui favorisent les plus aisé-e-s d'entr nous ;

Qui paie la dette française ?

  • la dette n’est pas un fardeau pour les générations futures mais pour la majorité des contribuables qui paient les rentes de ceux qui sont assez riches pour prêter à l'Etat ;
  • Le transfert ne se fait donc pas entre générations mais entre couches sociales. Ce sont les contribuables d’aujourd’hui (et non pas les générations futures) qui paient les intérêts de ceux qui sont assez riches pour prêter à l'Etat ;

De vraies propositions pour réduire la dette ? En voici quelques-unes, à contre courant des idées dominantes, qui visent à venir sur les mauvaises raisons de la dette :

  • lutter contre la fraude fiscale, (soit 30 à 40 milliards d'euros)
  • revenir sur les aides fiscales pour les plus riches, notamment les aides aux entreprises en matière fiscale (60 milliards d'euros)
  • rendre beaucoup plus progressifs les divers impôts sur le revenu et le patrimoine.


D'autre part, faut-il exclure a priori les bonnes raisons de recourir à la dette publique ? Ce recours n'est-il pas justifié pour financer les projets d’investissement socialement et écologiquement utiles, pour sortir de l'immobilisme, par exemple : construction d’équipements collectifs, de logements sociaux ou programme d’isolation des logements ?

mercredi, 4 avril 2007

Les idées fixes de Sarko en matière de santé

J'avais raté cette proposition du programme de Sarkozy.

Une pétition nous rappelle utilement la vision libérale et réactionnaire de l'UMP et Sarkozy en matière de santé : l'augmentation des dépenses de santé, parce qu'elles sont remboursées par la collectivité, devrait être combattue. Par contre, l'UMP Et Sarkozy promeuvent le modèle américain : comme en France, les dépenses de santé ne cessent d'augmenter, mais, parce que relevant de l'assurance privée et non remboursées par la collectivité, ce n'est pas grave.

La haine du secteur public, de la collectivité et de l'assurance collective sont donc les moteurs des réflexions de la droite sarkozyste, qui décidément a beaucoup de points communs avec les idéologues néoconservateurs américains.

Dernier avatar de cette logique : instaurer une « FRANCHISE » c'est-à-dire un seuil annuel de dépenses en dessous duquel l’assurance maladie ne remboursera plus rien. Le collectif à l'initiative pointe de graves dangers dont vous pourrez découvrir les détails sur leur site :

  • une régression sociale : c’est la fin d’un système d’assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son revenu et qui protège, équitablement, les individus en bonne santé et les malades. On quitte la logique de la solidarité pour celle de l’assurance privée.
  • une menace sur l’accès aux soins des plus modestes qui, devant le coût des soins, seront dissuadés de se soigner et seront donc les premières victimes de la franchise si jamais elle voit le jour
  • l'inverse d'une politique cohérente de santé publique : on cherche à dissuader les petits ou moyens consommateurs de se faire soigner pour des maladies apparemment moins sévères et pour les actes de prévention que l’on croit toujours pouvoir « reporter » à plus tard.
  • une remise en cause du « tiers payant » : les patients devront systématiquement faire intégralement « l’avance de frais », réduisant encore l’accès aux soins des plus modestes.

lundi, 2 avril 2007

La TVA Sociale, une vraie mauvaise idée ?

Sarkozy a proposé le 30 mars « d'expérimenter la TVA sociale sur un ou deux secteurs » pour rendre les entreprises françaises plus compétitives en réduisant les cotisations patronales.

Il s’agit de baisser le coût du travail en réduisant les cotisations patronales et dans le même temps d’augmenter la TVA de plusieurs points.

Les partisans de la TVA sociale mettent en avant deux grands avantages :

  • la baisse du coût du travail qui favoriserait la compétitivité des entreprises produisant en France ;
  • les exportations étant exonérées de TVA seraient favorisées par la baisse du coût du travail ;

Les opposants à la TVA sociale la critiquent pour plusieurs raisons :

  • le rendement financier de la TVA sociale, en augmentant la TVA à 25 % pour tous les produits, ne serait que de 82 milliards d'euros alors que les cotisations patronales rapportent 180 milliards d'euros ; même dans ce cas extrême, il serait impossible de supprimer les cotisations patronales ;
  • dans beaucoup de secteurs, la baisse des cotisations ne sera pas répercutée et servira à augmenter les marges...
  • pour des secteurs en position délicate, une telle hausse des prix pourrait avoir des effets dramatiques (baisse de la consommation et donc de leur chiffre d’affaires) voire contreproductifs.
  • la TVA sociale opère un transfert au détriment des ménages : la hausse de l’imposition de la consommation aggraverait le déséquilibre du système fiscalo-social français.
  • aggravation des inégalités : la TVA touche uniformément les consommateurs, à la différence des impôts progressifs comme l’impôt sur le revenu ;

Pour plus de précisions, voir un texte du SNUI et une interview d'Henri Sterdyniak, de l'OFCE.

samedi, 31 mars 2007

Dis-moi qui te soutient, je te dirai qui tu es.

Sur le versant économique et social, observer les soutiens des candidats est plus parlant que les promesses de campagne...

Bayrou : qu'est-il réellement de son positionnement ni droite ni gauche ?

L'homme de l'UDF vient de recevoir le très explicite soutien d'Alternative libérale dont le programme prévoit :

  • la suppression du monopole de la Sécurité Sociale,
  • la privatisation de la RATP, de la SNCF, de la Poste et des écoles.
  • la restriction très forte du droit de grève.

Autre soutien ? Celui de Nicolas Miguet ! Celui-là même qui n'a qu'un seul mot d'ordre, lorsqu'il ne s'essaie pas à la fraude aux parrainages : "moins d'impôts"

Et Sarko dans tout ça ? L'homme de la rupture qui voudrait être celui de la revalorisation du travail a reçu le soutien récent de :

  • Chirac lui-même ; Sarko endosse alors nécessairement son bilan : sur le plan économique, voir ici pour le bilan des 5 dernières années, et ici pour le bilan des deux mandats de Chirac.
  • Olivier Blanchard, économiste reconnu jusqu'ici plutôt PS, mode Delors-Bérégovoy. Pour quelles raisons ? Il les explique ici C'est limpide : pour réduire les "rigidites" sur le marché du travail en supprimant le CDI, pour permettre les ajustements de salaires en fonction de la conjoncture (en filigrane faire sauter le "verrou" du SMIC), pour aligner nos universités sur le modèle américain (sélection à l'entrée, frais de scolarité élevés). Résumé : Blanchard votera pour Sarkozy l'ultra-libéral parce que Ségo ne le serait pas assez.

Bref, loin d'ête le candidat de la rupture gauche-droite pour Bayrou et de la rupture tout court pour Sarko, ces deux candidats sont d'abord des candidats du libéralisme économique qui favorise les marchés et les employeurs au détriment des salariés.

jeudi, 29 mars 2007

Borloo et Larcher, soutiens de Sarkozy, font rire toute la France

Le ministère de l'emploi poursuit ses annonces triomphantes sur la baisse du chômage. Dernière en date, l'annonce du taux de 8,4% de chômeurs en France fait sourire, pour ne pas dire exploser de rire, la France entière. Pour preuve :

  • Il y a toujours 4,5 millions d'inscrits à l'ANPE ;
  • Eurostat place le taux de chômage en France vers 8,9 %
  • La publication des chiffres statistiquement les plus justes a été étrangement repoussée après les résultats de la présidentielle parce qu'ils s’avèrent déjà être un cinglant démenti aux chiffres du ministère ;
  • Les radiations administratives explosent (+ 39 % entre 2004 et 2006) ;
  • Notre pays compte 1300 000 RMIstes, en hausse constante depuis de nombreuses années, compte tenu des restrictions de l'indemnisation chômage.

L'emploi ne s'améliore pas et la précarité explose : la dernière note du collectif « Les Autres Chiffres Du Chômage » (ACDC, réunissant économistes, statisticiens et syndicalistes) montre que 14 millions de personnes sont touchées par le chômage total ou l’emploi inadéquat (selon le BIT), soit 51% de la population active !

En décrédibilisant les statistiques publiques, Borloo et Larcher, soutenus par Sarkozy, renforcent les réserves et craintes des français envers leur système politique.

Et si on changeait de politique ?

samedi, 24 mars 2007

Le travail : s'y épanouir ou s'y tuer !

Dans l'actualité, on assiste à une multiplication des suicides sur les lieux de travail :

  • quatre salariés de la centrale nucléaire de Chinon, en moins de 2 ans ;
  • trois suicides en 4 mois au technocentre Renault (Guyancourt, Yvelines).

Si les pouvoirs publics et les entreprises attendent pour agir qu'on leur apporte la preuve statistique que le suicide est lié aux conditions de travail, nous n'aurons plus qu'à compter les morts. Le simple fait que les salariés eux-mêmes évoquent la possibilité que ce soit lié au travail expriment leur propre mal-être : le travail fait souffrir.

Des données et des Chiffres :

a. Les Conditions de travail se dégradent (pour des évaluations précises voir ici) :
  • La promesse des années 80-90 ne s'est pas réalisée : Les pénibilités physiques n'ont pas disparu. Elles se renforcent même, notamment pour les ouvriers et employés peu qualifiés. D'une manière générale, les pénibilités psychologiques se sont accrues.
  • Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS), dus essentiellement à des contraintes posturales pénibles, constituent la première cause de maladies professionnelles en France comme dans la plupart des pays européens (+ 20% par an).
  • Les contraintes psychologiques (contraintes de rythme, liens avec le public), liées à la plus grande flexibilité du travail, ne cessent de croître sans que les salariés disposent des ressources (aides possibles, temps disponibles, formation) permettant d'y faire face.
b. La santé des travailleurs est dégradée par le travail :
  • Les inégalités sociales de santé perdurent : La probabilité de décéder entre 35 et 65 ans est de 13 % pour les cadres et professions libérales contre 26 % pour les ouvriers. Toutes les pathologies reculent chez les cadres, pas chez les ouvriers (augmentation des cancers du poumon, du pancréas et de l’encéphale) ;
  • Les accidents de travail (800 000 par an) et les arrêts maladie ne diminuent pas réellement ;
  • Près d’un problème de santé sur cinq est attribué au travail, soit 1 840 000 personnes de 15 à 64 ans par an ;
c. Les impacts du travail sur la santé sont très coûteuses :
  • le Comité économique et social des Communautés européennes estime, en 2000, les coûts des maladies liées au travail de 2,6 % à 3,8 % du PNB dans les pays industrialisés.
  • le coût global cumulé des accidents et des maladies professionnels s’élève à 3 % de la richesse nationale en France, soit l’équivalent théorique de plus de dix jours fériés supplémentaires.
A quand une réaction digne de ce nom des pouvoirs publics ?

jeudi, 22 mars 2007

Total ou la remise en cause du pouvoir des multinationales

L'actualité :

Le 21 mars 2007, Christophe de Margerie est mis en examen pour suspicion de corruption d'agent public pour un marché gazier signé en Iran en 1997, sous Jospin. L'accusation porte sur une somme de 40 millions d'euros versés à une société de consultant, somme dont on ne retrouve pas la trace.

Le passé de Total :

Iran, Cameroun, Irak, Birmanie, Erika, les scandales de corruption, de travail forcé ou de pollution liés à Total ne manquent pas.

Avec l'intégration d'Elf à Total, c'est la politique de la "Françafrique" de Chirac and co qui perdure à travers Total. Et dans le même temps, les profits de Total croissent à vitesse exponentielle :

  • 7 milliards en 2003 ;
  • 9M en 2004 ;
  • 12M en 2005 ;
  • 12.58 milliards d’euros en 2006.
Des pistes pour l'avenir :
  • s'attaquer à la corruption : voir la campagne "Publiez ce que vous payez" ;
  • taxer réellement les bénéfices des entreprises multinationales ;
  • permettre aux salarié-e-s de peser réellement sur les choix stratégiques de leurs entreprises (un petit retour de l'autogestion ? Au minimum, l'émalioration de la démocratie dans les entreprises....) ;
  • rendre responsables les dirigeants d'entreprise pour les atteintes aux droits de l'homme et à l'environnement ;
  • autres......

Agissons, avant qu'il ne soit trop tard !

mardi, 20 mars 2007

"Travailler plus pour gagner plus"

Sarkozy le claironne partout . Mais qu'a-t-il fait au ministère des Finances et de l'économie ?

Lors de son passage à Bercy, sous Raffarin, Sarkozy a fait ou cautionné :

  1. la baisse de la rémunération des heures supplémentaires dans les petites entreprises puisque la surcôte est passée de 25 % à 20 % !
  2. le travail gratuit lors de la mise en place de la Journée de solidarité envers les personnes âgées, par la suppresion du caractère férié du Lundi de Pentecôte.

Une fois annualisée, cette journée correspond approximativement (cf. ici) :

  • pour le salarié, à une augmentation du temps de travail de 0,44 %, c'est-à-dire une baisse du salaire horaire de 0,43 % ;
  • pour l'employeur, à une baisse d'environ 0,41 % du coût horaire.

Avec Sarkozy, travailler plus, d'accord, gagner plus, c'est moins sûr !

dimanche, 18 mars 2007

Faut-il chiffrer les programmes des candidats ?

Face au réflexe pavlovien des Instituts de l'Entreprise et autres cabinets d'experts, proches des grands groupes et intérêts financiers français, qui chiffrent toute nouvelle mesure, les économistes non libéraux s'interrogent.

Faut-il chiffrer les programmes des candidats ? Deux économistes de l'OFCE viennent de publier un manifeste expliquant pourquoi ils ne chiffreront pas les programmes (voir ici). Leur principal argument est le suivant : n'importe quel chiffrage adopte une démarche comptable qui ne tient pas compte des effets induits par les dépenses publiques de la mesure étudiée. Pour prendre un exemple, la hausse du SMIC a pour effet d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés qui, en consommant plus, feront croître les recettes en TVA de l'Etat. Pour peu que cette augmentation des dépenses entraîne des bénéfices et des investissements supplémentaires du côté des entreprises, alors les dépenses publiques peuvent être plus que compensées par les retours de TVA, impôts sur les bénéfices et autres augmentations d'impôts liés à la croissance économique. Le bilan peut-être neutre ou même positif pour les dépenses publiques. Or, une démarche comptable ne permet pas de rendre compte de ces effets, ce qui « contribue davantage à obscurcir le débat qu'à l'éclairer » selon les deux économistes de l'OFCE.

A l'inverse, un autre économiste (voir ici) montre, exemple à l'appui, qu'une simple approche comptable permet de montrer que le programme économique de Nicolas Sarkozy, et notamment les baisses d'impôt promises, augmenterait le déficit public de 55 milliards d'euros, soit 3 % du PIB. Pour lui, le chiffrage, bien qu'imparfait, « est une exigence légitime qui préserve de la démagogie populiste ».

Le débat est donc ouvert. Le dernier chiffrage connu, celui de Coe-Rexecode, proche des grandes entreprises, est politiquement très intéressant : seul le programme de Nicolas Sarkozy créerait des emplois !!! Un seul enseignement à en tirer : les grandes entreprises soutiennent le programme libéral de Nicolas Sarkozy.

On s'en doutait....

vendredi, 16 mars 2007

Ségolène, royalement ultra-libérale ou royalement anticapitaliste ?

Jeudi 15 mars, France 2, A vous de juger, au bout de 45 minutes d'émission environ. Ségolène propose que « le travail soit moins taxé que le capital » ! Arlette Chabot ne réagit presque pas. Aucun commentaire ne s'arrêtera sur cette proposition, pourtant proprement réactionnaire ou incroyablement révolutionnaire !

Explications.

Dans une société capitaliste marchande comme la nôtre, il y a deux façons principales d'obtenir des revenus : être rémunéré pour son travail ou pour son capital. Ces deux types de revenus sont l'objet de prélèvements sociaux obligatoires : les revenus du travail à hauteur de 40 à 50 % et les revenus du capital (intérêts ou dividendes) rarement au-dessus de 10 %. Quand à l'impôt sur le revenu, les exonérations sont fréquentes pour ceux du capital et rares pour ceux provenant du travail. Au final, même si il est difficile de produire une évaluation précise – les revenus sont de forme multiples et leur imposition dépend de facteurs divers – les revenus du travail sont beaucoup plus taxés que ceux du capital.

Puisque Ségolène Royal n'a pas précisé comment elle comptait faire pour que le travail soit moins taxé que le capital* – si ce n'est vouloir baisser l'impôt sur les sociétés – analysons les deux possibilités :

  • réduire la taxation du travail au niveau de celle du capital : cela revient à mettre en cause notre modèle de protection sociale (retraite, santé, chômage...) qui est très largement financé par les cotisations sociales portant sur les revenus du travail ;
  • augmenter la taxation du capital au niveau de celle du travail : intéressant, mais même les collectifs anti-libéraux n'ont pas fixé de tels objectifs dans leurs 125 propositions...

Le premier cas est symptomatique des politiques ultra-libérales. Le second est franchement anticapitaliste pour la société dans laquelle nous sommes !

Bref, on attend des précisions de Ségolène... Et ce d'autant plus que l'objectif, comme les moyens de l'atteindre, sont totalement absents du Pacte présidentiel ou du programme 2007 du Parti Socialiste.

A moins que cette petite phrase ait dépassé sa pensée... et son projet !

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* Sa déclaration (44min30 après le début de l'émission) : « Je suis très claire là-dessus : le premier ministre que je nommerai, sa première feuille de route sera celle-ci, je veux qu'en France, une bonne fois pour toutes, le travail soit moins taxé que le capital ! Vous vous débrouillez comme vous voulez, vous regardez partout où ça se fait ! Et j'ai dit dans mon projet d'ailleurs que je suis prête à baisser l'impôt sur les sociétés dont les bénéfices sont réinvestis dans l'entreprise... »

vendredi, 9 mars 2007

Augmenter la rémunération du capital, quel résultat !

Avec le tournant de la rigueur de 1983, c'est un accord presque unanime sur les raisons du prolongement de la crise économique qui se fait jour : les marges des entreprises seraient insuffisantes et leur compétitivité trop faible. Elles ne pouvaient plus investir, disait-on à l'époque, créer de la richesse, et embaucher. Le tournant de la rigueur de 1983 marque l'entrée d'une période où les salarié-e-s voient leur rémunération décrocher par rapport à l'inflation et la rémunération du capital augmenter considérablement.

Si bien qu'en 20 ans, la part des salaires et cotisations dans la richesse nationale est passé de 79 % du PIB en 1982 à 67 % aujourd'hui. 12 points de PIB correspondent aujourd'hui à 190 milliards d'euros. Belle somme ! Somme qui remplisse les poches des actionnaires, pas celles des salarié-e-s.

Que disent les actionnaires, les économistes libéraux et les candidats de droite ? Qu'il faudrait continuer à accroître la part de la rémunération du capital dans l'économie afin d'empêcher les délocalisations. Même recette joue encore.

Le jour n'est-il pas venu de changer des recettes qui n'ont jamais permis de sortir de la crise économique de ces 20 dernières années ?

mardi, 6 mars 2007

Du rififi dans les instituts de statistiques publiques autour de l'évaluation du chômage !

Alors que l'INSEE devait publier le chiffre du chômage issu de l'Enquête Emploi, fleuron de la statistique publique française, Jean-Michel Charpin, son directeur, a décidé de repousser sine die sa publication. C'est un fait inédit.

Les spécialistes de la questions analysent ce report comme la volonté de ne pas contredire le gouvernement qui affirme, en s'appuyant sur les chiffres de l'ANPE, que le chômage baisse. Il faut savoir qu'il suffit d'un directeur de l'ANPE à poigne pour faire baisser le nombre d'inscrits à l'ANPE alors que le chiffre de l'Enquête Emploi de l'INSSE est très proche de la réalité. D'ailleurs, des pays comme les Etats-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni ou l'Espagne jugent les registres administratifs bien trop manipulables et basent leurs diagnostics sur les seules enquêtes Emploi. Il est donc quasiment certain que le chômage est sous-évalué en France...

... Et, aujour'hui, 6 mars 2007, des économistes de l'INSEE et de l'ANPE révèlent dans une note que le taux de chômage officiel ne serait pas de 8,6 % comme le claironne le gouvernement mais de 9,5 %.

Et voilà le gouvernement de Sarkozy et Villepin pris la main dans le sac de celui qui fait baisser artificiellement des chiffres pour valider sa politique antisociale.

lundi, 5 mars 2007

Le SMIC, ennemi de l'emploi ? Augmenter le SMIC crée-t-il des emplois ?

Libéraux et sociaux-libéraux ont tendance à répondre un « oui », plus ou moins clair, aux deux questions. Le raisonnement, théorique, est le suivant : les ressources de l'entreprise étant fixes, si, par une augmentation du SMIC, on renchérit le travail peu qualifié par rapport au capital et au travail qualifié, alors l'entreprise préférera ne pas embaucher. Et on connaîtra du chômage, à cause du SMIC !

Ce raisonnement a deux défauts : ne pas s'appuyer sur des faits et ne pas envisager toutes les hypothèses théoriques.... Sur le plan théorique, une entreprise confrontée à une augmentation de ces coûts de production, peut rogner sur ses profits ou se réorganiser pour augmenter sa productivité, plutôt que ne pas embaucher.

Et que disent les faits ? Une récente étude de la London School of Economics montre que l'introduction du salaire minimum au Royaume-Uni a pour principal effet de favoriser la redistribution de la valeur ajoutée en direction des salariés les plus modestes, sans augmenter le chômage.

Bref, soyons pragmatiques et pas idéologiques : augmentons le SMIC ! Vite et suffisamment !

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