Nous l’avons déjà écrit : capitalisme libéral et environnement ne semblent pas conciliables. Du moins, pas si l’on souhaite véritablement sauver le climat et protéger l’environnement. Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) lui-même affirmait dans son rapport 2007-2008 que « le modèle économique des pays riches (poussant à la croissance et à la consommation…) est écologiquement insoutenable ».
Cette fois, c’est pour vous inviter à lire le dernier ouvrage d’Hervé Kempf, journaliste au Monde.

Dans Pour Sauver la planète, sortez du capitalisme (présentation de l’éditeur ici et à acheter ici), Hervé Kempf prolonge son précédent ouvrage, Les riches détruisent la planète (voir ici), en expliquant comment il est absolument vital, pour espérer que l’humanité puisse vivre sur cette planète encore quelques siècles, de transformer radicalement nos modes de vie. Côté production et consommation, cela signifie, pour lui, le dépassement du capitalisme. Pas façon étendard anticapitaliste attendant le Grand Soir ou le Petit Matin, mais façon pragmatique.

En effet, pour Kempf, le capitalisme contemporain est inconciliable avec la protection de la planète en raison de ses caractéristiques intrinsèques – croissance de la productivité, financiarisation de l’économie, corruption généralisée et endémique, accroissement des inégalités. Autant d’éléments qui suscitent une demande croissante d’énergie et de ressources naturelles, une absence totale de régulation démocratique, des comportements insoutenables et ostentatoires des plus riches, etc…
Pour Kempf, pas besoin de nouvelle théorie générale : les alternatives au capitalisme sont déjà là (les AMAP et les initiatives de relocalisation des activités économiques ; la sobriété énergétique par le développement de modes de transports alternatifs, l’isolation thermique etc… ; la diminution des consommations les plus énergivores, etc…) et il suffirait de les sortir de leur marginalité pour en faire une réalité politique incontournable. Dès lors, pourraient se justifier :
la réduction des inégalités pour modifier les comportements ostentatoires des plus riches (4X4, villas et maisons secondaires etc…) et imitateurs des classes moyennes ;
la réintégration du coût des dégâts écologiques dans les prix des biens pour diminuer la consommation de ceux qui posent le plus de dégâts ;
une politique de rationnement des comportements les plus problématiques ;
Au passage, il vous rappelle trois idées fausses selon lesquelles
la technique pourrait résoudre quelque problème climatique que ce soit,
la consommation d’énergie pourrait continuer de croître,
le changement climatique serait le seul problème, nous faisant oublier par là les enjeux de biodiversité, sociaux, démocratiques, etc…
Dépasser le capitalisme qu’il nous écrit…
Emballé, pesé, à vous de jouer !

