En cliquant sur le lien ci-dessous, vous retrouverez le live-blog
alimenté par plusieurs militant-e-s, journalistes, photographes,
activistes... qui passeront plusieurs jours à Copenhague. Le principe
du live-blog est le flux : plusieurs fois par jour, seront postés des
éléments brefs (courts textes, des photos, de brèves vidéos). N'hésitez
pas à le faire connaître.
A la veille de l'ouverture du sommet de Copenhague, vous trouverez
ci-dessous un lien vers un (long) papier réalisé pour Mouvements qui revient, sur la
base principale des informations qui nous sont transmises par les
réseaux Climate Justice Now, sur l'état des négociations, les enjeux
géopolitiques (cadre onusien, etc...), et les risques de l'extension de
la finance carbone...qui amèneraient nos sociétés dans l'impasse. Document également disponible ici en .pdf.
A
la veille de l’ouverture du sommet de Copenhague sur le changement
climatique (7 – 18 décembre), les pays riches ont mené les négociations
dans l’impasse. Le constat peut apparaître dur et définitif, il est
pourtant fondé.
De l’ère du constat à l’ère de l’action. Si le cinéma est un reflet pertinent de la société,
les films The Age of The Supid de Franny Armstrong
et Le Syndrome du Titanic de
Nicolas Hulot nous font changer d’époque.
Dépassée la période d’information et de sensibilisation sur le changement
climatique que pouvaient incarner Une
vérité qui dérange d’Al Gore ou Home
de Yann-Arthus Bertrand. Finies les
successions de chiffres et d’images de paysages magnifiques ou dégradés. Armstrong
et Hulot nous disent : « Maintenant
que vous savez, vous faites quoi ? ». Nous ? Oui, parce que
du côté diplomatique, ça traîne les pieds.
Il suffit de jeter un œil aux
actuelles négociations de Bangkok pour comprendre que les grands chefs de ce monde laissent l’humanité aller dans le mur en sifflotant.
Les Etats-Unis n’ont toujours pas d’engagements
à la hauteur des enjeux[1]. Ils refusent, bien soutenus par l’Union
européenne, de reconnaître la
responsabilité historique du pays du Nord[2]
dans le réchauffement climatique alors que 77 % des gaz à effets de serre (GES)
jamais émis l’ont été par les pays industrialisés. Les engagements de réduction évoqués sont bien loin des recommandations
du GIEC
: on évoque 15 % alors que le GIEC préconise 40 % de réduction d’ici 2020. L’Union européenne, qui se présente
pourtant comme la championne des propositions ambitieuses, est divisée sur les
mécanismes à adopter[3] et ne fait pas forcément avancer les
négociations dans le bon sens[4].
Dès lors, à Bangkok, c’est manifestation sur manifestation[5].
A 64 jours de l’ouverture du
sommet de Copenhague, que faire ?
A bien regarder The Age of The Stupid et Le Syndrome du Titanic, on comprend
que la tâche est immense. La crise
climatique ne sera pas résolue par trois coups de cuiller à pot. C’est bien la crise du capitalisme et la crise de
notre civilisation qui sont mises en lumière par ces films. Il ne suffira
pas de quelques comportements individuels plus civiques. Alors que NicolasHulot s’insurge contre la croissance et notre modèle de production
et de consommation, Fanny Armstrong
se demande si « l’espèce humaine est suicidaire »[6]. Que
faire donc ?
Interpeller Nicolas Sarkozy ? C’est ce que propose l’alliance Ultimatum
Climatique avec une pétition visant à
atteindre un million de signataires. Réveiller
les négociateurs ? On a déjà essayé[7] et ça
devrait continuer… Faire du bruit pour le climat ? C’est ce que proposent Les Amis de la Terre. Pas
sûr qu’ils nous entendent. Organiser un grand
concert ? C’est également prévu, à l’initiative de Greenpeace. Susciter des milliers d’initiatives, le même jour, dans le monde
entier pour revenir à des teneurs en CO2 plus acceptables ? Rendez-vous
est pris le 24
Octobre avec notamment, à Paris, 6
heures pour le Climat et la Justice Sociale qui seront organisées par
le collectif Urgence
Climatique Justice Sociale. Si avec tout cela, cela ne suffit pas, il
faudra alors sans doute se résoudre à aller à Copenhague
pour construire une immense pression populaire sur les négociations afin d’aboutir
à un accord, juste et solidaire, à la hauteur des enjeux. Au risque de s’inviter à la table des négociations[8] ?
C’est en tout cas le pronostic d’Attac. Ce mercredi, les militants
altermondialistes de l’association avaient donné rendez-vous à la presse pour
dévoiler, sous forme de théâtre de rue, les résultats probables du G20 de
Pittsburgh. Le pronostic est sans appel. « Ce G20 est une sorte de mascarade parce qu'il n'y aura pas de décision
sérieuse de nature à vraiment réformer en profondeur cette finance mondiale qui
a déstabilisé nos économies et nos sociétés »[1],
selon l'économiste Dominique Plihon, président du Conseil Scientifique d’Attac.
Il est vrai que les annonces très médiatisées de ces derniers temps ont
pu susciter des attentes disproportionnées. Pour Nicolas Sarkozy, « Cette fois c’est la fin du secret bancaireet des paradis fiscaux»[2].
Pour Barak Obama, considérant qu’en tant que « plus grande économie du monde il faut montrer l’exemple »,
propose « d’instaurer des règles
financières plus strictes et maitriser les bonus excessifs intolérables »[3].
De son côté, Angela Merkel considère maintenant que « la taxe Tobin est une proposition sensée »[4].
Au final, le G20 de Pittsburgh devrait accoucher d’une déclaration
assez lénifiante et relativement peu engageante. Elle sera en tout cas bien
éloignée des propositions portées communément par N. Sarkozy, A. Merkel et G. Brown[5].
Elle ne comportera pas, en tout cas, de concrétisation des engagements subis et
quasi-généraux visant à instaurer une taxe Tobin sur les transactions
financières, tel Bernard Kouchner proposant une « contribution volontaire sur les transactions
financières au service du développement »[6]. Tout
le monde connaît l’obstruction des
États-Unis et le peu d’empressement des institutions européennes –
auxquelles la France appartient pourtant – devant une quelconque limitation ou
régulation des transactions. On peut donc légitimement se demander si les
pays les plus puissants de l’Union européenne ne voulaient finalement pas arriver
au sommet du G20 de Pittsburgh en affichant des propositions qu’ils savent inapplicables.
Ce troisième G20 en moins de douze mois se conclura par quelques promesses
de modifications des normes comptables, des généralités sur la régulation des
bonus, et des satisfécits auto-délivrés sur la suppression des paradis fiscaux.
Un simple regard dans le rétroviseur permet de douter de la réelle efficacité
des annonces faites de G20 en G20, si l’on en croit le dernier rapport
de l’ONG Eurodad. Présentée comme l’exemple irréfutable de la nouvelle
régulation financière mondiale instaurée par les pays du G20, la suppression
des paradis fiscaux est pourtant loin d’être acquise si l’on en croit le dernier rapport de
l’association Attac sur le sujet. Si des listes de paradis fiscaux avaient été
établies et de maigres engagements demandés à ceux-ci pour en sortir, Attac
se demande si les critères retenus par l’OCDE, loin de supprimer les paradis
fiscaux, ne font que légitimer leur existence.
Pourtant les propositions de régulation ne manquent pas, comme
celles qui seront présentées
ce samedi à Bruxelles par une coalition d’ONG, d’associations et de syndicats.
Même Adair Tuner, à la tête du FSA, l'autorité britannique des marchés
financiers, a déclaré récemment que la plupart des transactions de la place
financière de Londres étaient « socialement
inutiles »[7].
A partir de là, faut-il en rester à des sujets tels que les bonus des traders ?
Le cœur du problème réside-t-il réellement dans la rémunération des traders ?
Si leur rémunération est un véritable scandale, n’est-elle pas surtout la
preuve que les banques et le secteur financier engrangent
suffisamment de profits leur permettant d’attribuer de telles rémunérations ?
Ces profits ne seraient-ils pas utiles pour construire des écoles, des hôpitaux,
pour lutter contre le réchauffement climatique au Sud comme au Nord… ?
Ne faudrait-il pas prélever une bonne partie des ces profits pour financer
la transition de nos économies vers des activités socialement utiles et écologiquement
soutenables ? Une utopie ? Espérons que non… ou bien qu’elle se
réalise très vite ! Pour que les G20 ne soient pas vains.
Lundi,
des militants écologiques du monde entier
ont essayé de réveiller les négociations en faisant « un maximum de bruit pour que les gouvernements s’engagent fortement sur
le front des changements climatiques ». Aujourd’hui, le secrétaire
général de l'ONU, Ban Ki-moon, a invités les chefs d’Etat à un Sommet sur les
changements climatiques dans le but de « mobiliser la volonté politique et la vision nécessaires pour atteindre
un accord ambitieux et scientifiquement fondé aux pourparlers des Nations Unies
sur le climat à Copenhague ». A moins de 75 jours de l’ouverture du sommet de Copenhague, le rythme s’accélère. Et
le pessimisme ambiant grimpe, en constatant que les désaccords persistent
entre nations développées et en développement sur les moyens de réduire les
émissions de gaz à effet de serre.
Nous
sommes loin d’un accord ambitieux à la hauteur des enjeux. Les enjeux ? Cette vidéo réalisée par une militante d'Attac en fait le tour mieux qu’un discours.
A
écouter ces interventions, il est grand temps de mettre une énorme pression
populaire sur les gouvernements du Nord pour qu’ils acceptent enfin de prendre
les engagements et les mesures qui s’imposent pour assurer une transition contrôlée
de nos économies[1].
Qui dit transition, dit coûts. Et sans cette mobilisation populaire, grands
sont les risques que les puissants fassent payer ces transitions par les plus
pauvres, au Sud comme au Nord. Comme l’exige une
nouvelle plate-forme française, nous devons agir pour le climat et la justice
sociale, en même temps.
Les initiatives locales se
multiplient. Des débats,
mais aussi des actions plus spectaculaires. Au pays Basque, c’est une traversée en vélo pendant trois jours
pleins, de Mauléon à Bayonne qui s’organise. Objectif : « clamer l’impérieuse nécessité de se
mobiliser pour que le sommet de Copenhague».
A vos vélos…
[1] Cf. l’intervention que j’ai
faite fin août et qui est retranscrite dans ce document.
Cotentin, La Hague,
Flamanville…
autant de noms qui fleurent bon l’atome, comme combustible ou comme déchet. Leterroir
d’Areva et d’EDF. Qui utilisent, retraitent, enterrent ou expérimentent… de
l’atome sous toutes ses formes. Et qui dictent une bonne partie de la politique
énergétique de notre pays, par ailleurs le plus nucléarisé du monde. C’est dans
ces lieux, révélateurs du poids
politique de l’industrie nucléaire, qu’Esther Hoffenberg a tourné Au
pays du nucléaire.
Simple, sensible et pertinent. Efficace et non dogmatique.
A regarder absolument. Ce sera sur
France 2 le jeudi 17 septembre, à 22h55 dans la case "Infrarouge". 74 minutes qui montrent comment l’industrie
nucléaire a su transformer le territoire normand.
Difficile de s’interroger sur le bienfondé de l'énergie
nucléaire sans se marginaliser.
Laborieux d’obtenir des informationsfiables et précises sur les rejets
d’iode contaminé à 10 km
des côtes. Impossible de questionner les
impacts sanitaires et risques d’accidents auprès des responsables de
l’usine de retraitement de La Hague.
Dès lors, comment être surpris que les maires environnants
se satisfont de la manne financière
sans chercher à savoir ? Ainsi, au nom de l’emploi, l’EPR a atterri à Flamanville suite à la pression des élus locaux.
Et les quelques militants de Greenpeace, quelques profs de SVT consciencieux et
citoyens, les rares associations essayant de desserrer la chape de plomb etc…
ne sont pas de trop pour essayer d’introduire
un grain de sable dans la mécanique huilée du soutien local et quasi général à
l’industrie nucléaire.
Au point que celle-ci fait preuve d’une véritable arrogance et d’une suffisance
alarmante. Arrogance lorsque ses promoteurs évacuent tout débat public. Suffisance lorsque les procédures de sécurité en cas d’accident
ou autre sont dérisoires. Ou encore
lorsque les inquiétudes du concepteur du
silo d’entreposage des déchets nucléaires sur le site de la Hague sont balayées d’un revers de la main.
Tant d’arrogance et
de suffisance font froid dans le dos. Qui plus est lorsqu’il s’agit d’une industrie dont le
développement a des conséquences
irréversibles, subtilement montrées, à l’échelle de plusieurs générations.
Un véritable débat public, contradictoire, doit imposer à Sarkozy de stopper sa diplomatie nucléaire. Ce film peut y
contribuer. Au pays du nucléaire, un documentaire pour … sortir de l’omerta nucléaire !