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dimanche, 3 juin 2007

Le G8 : les promesses et mensonges en chiffres !


Comme nous le faisions remarquer il y a peu, les fausses promesses du G8 sont nombreuses.

Le G8 de Gleneagles en 2005 avait promis de :

  • verser 50 milliards de dollars d'aide à l'Afrique d'ici à 2010 ? Rien qu'en 2006, il manque 8 milliards par rapport aux engagements. La France est en retard de 1,9 milliard, l'Italie de 1,8 milliard, l'Allemagne de 1,7 milliard, etc.


  • alimenter le fonds mondial contre les pandémies ? Sur les 18 milliards nécessaires en 2007 pour financer les opérations, il manque au moins 8 milliards.


Instance profondément illégitime pour gouverner le monde, le G8 se présente comme un simple forum de discussion. Mais problème, il promet à tour de bras, pour masquer son illégitimité, sans tenir ses promesses photogéniques...

Supprimer le G8 et réintégrer ses discussions dans le giron de l'ONU devient une absolue priorité, afin que 8 chefs d'Etat ne continuent pas à se moquer du monde !

samedi, 2 juin 2007

EADS, un problème d'actionnariat ?


En rencontrant Angela Merkel, mercredi 16 mai, Nicolas Sarkozy a présidentiellement confirmé son analyse de candidat sur la crise d'EADS. Pendant la campagne électorale, il avait souhaité de "vrais actionnaires" pour EADS. Il avait également plaidé pour "l'entrée de nouveaux actionnaires financiers et un actionnaire industriel pour piloter la boîte". La crise d'EADS est-elle seulement due à un problème d'actionnariat et de mauvaise gestion ?

De l'analyse des raisons de la crise découlent, plus ou moins directement, les remèdes à utiliser. Essayons d'y voir plus clair.

1. Les délits d'initié et autre parachute doré d'une direction fautive :

Cela ne fait plus de doute aujourd'hui, la direction d'Airbus et d'EADS ont profité de leur situation pour favoriser leur destinée tout en déstabilisant l'entreprise (1). Au point que Breton aurait tiré le parachute de Forgeard (cf. ici). pour limiter la casse. Il est donc clair que la direction d'EADS et d'Airbus sont en partie responsables des difficultés actuelles de l'entreprise.


2. Un actionnariat renouvelé aurait-il été à l'abri de tels comportements inadmissibles ?

Difficile de présager de comportements individuels. Néanmoins, Airbus évolue dans un milieu fermé de très grosses entreprises dont les directions profitent à plein de la financiarisation de l'économie :

- rémunérations en hausse ;

- parachutes dorés généralisés ;

- importance donnée à la réussite de la carrière personnelle dont les principaux indicateurs sont le poste occupé, la rémunération et la fortune personnelle, en lieu et places des réussites industrielles de l'entreprise (les premières ne sont pas forcément les conséquences des secondes) ;

- gestion financière de l'entreprise : le cours en bourse détermine nombre de choix économiques (investissements, emplois, rémunérations, gestion de la dette...) ;

- marketing médiatique pour rassurer les marchés ;

Il n'est pas abusif de penser que le climat économique et financier incite les comportements illicites ou limites tels que ceux de l'ancienne direction d'Airbus/EADS.


3. D'autres raisons ?
  • l'euro : En 2000 l’euro s’échangeait à 0,97 dollar. Aujourd’hui, l’euro s’échange à 1,31 dollar. Soit un renchérissement de plus de 30 %. Les coûts de production se sont d’autant renchéris. Airbus a donc perdu en compétitivité face à son concurrent Boeing, favorisé par un dollar faible. La politique de la Banque centrale européenne a contribué à affaiblir Airbus comme bien d’autres industries.
  • une stratégie européenne discutable : faire d'Airbus le leader de l'aéronautique a été l'alpha et l'oméga de la stratégie franco-allemande sur le dossier. A quoi bon si ce projet n'est pas aux profits des européens et, au minimum, des salariés de l'entreprise ?
  • le tout avion : en pleine crise écologique, à quoi bon baser la stratégie de développement d'Airbus sur le seul développement d'énormes avions tels que l'A380 sans imaginer dès aujourd'hui de reconvertir l'appareil industriel aux profits de mode de déplacements moins énergivores ?


Au final, n'en déplaise à Sarkozy, changer de direction ou d'actionnaires ne changera pas grand chose. Car cela ne s'attaque pas aux racines du problème :

  • un capitalisme financier débridé qui préfère le profit de court terme à la stabilité de long terme ;
  • un euro trop fort qui montre la prégnance de la finance et de ses intérêts sur les questions d'emplois et les intérêts des salariés.


(1) La Tribune a révélé mardi 29 mai qu'un plan interne de production de l'A380, prévoyant les retards de livraison, avait été édité juste avant que plusieurs dirigeants n'exercent leurs stocks-options.

vendredi, 1 juin 2007

Le co-développement d'Hortefeux, de la poudre aux yeux.... ?


Dans le Figaro de ce 1er Juin, Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement, en plus de se fixer comme objectif 25 000 retours à la frontière (ce qui est très coûteux, voir ici), présente ce qu'il entend par "co-développement". Il s'agit de "donner aux États du Sud et à leurs ressortissants les moyens d'avoir confiance en eux-mêmes et de construire un avenir en dehors de l'émigration".

Quels sont les moyens réellement mis en oeuvre ?

Alors que l'aide au développement de la France est loin d'atteindre les objectifs internationaux de 0,7 % du PIB (voir ici), elle n'est même pas mentionnée parmi les moyens de favoriser le codéveloppement. Seules deux idées sont présentées :

  • une meilleure allocation des transferts de fonds des migrants en France vers leur pays d'origine ; se basant sur le fait que 80 % de ces sommes sont consacrées aux consommations courantes, le ministre entend favoriser leur allocation vers des projets d'investissement économique. Oubliant sans doute que cette répartition n'est pas le fruit d'un hasard, et que les migrants sont assez grands pour choisir ce qu'ils entendent faire de leur épargne...
  • renforcer l'aide au retour volontaire. A en croire ce document officiel, cette aide n'est pas très élevée : 4000 euros pour la personne concernée + 3000 euros pour son conjoint et 2000 euros pour chacun des trois premiers enfants. Et à en croire le ministre, il y aurait eu seulement 1000 bénéficiaires en 2005 et à peine 2000 en 2006. Pas de quoi plomber les finances de l'Etat. Pas de quoi être à la hauteur des enjeux de développement des pays du Sud (1).


Espérons que les pays du sud n'attendent pas le co-développement de Brice Hortefeux. Pour le bien de leurs habitants...


(1) Giscard avait proposé 10000 francs pour tout algérien retournant an Algérie, ce qui avait inspiré au cinéaste Mahmoud Zemmouri son film Prends 10 000 balles et casse-toi. A l'époque, cette somme représentait une petite fortune – et, pourtant, les demandeurs ne s'étaient déjà pas bousculés...

jeudi, 31 mai 2007

"Travailler plus pour gagner plus" : un rapport du CAE retoque le projet de défiscalisation des heures supplémentaires !


Un rapport du CAE critique la promesse électorale de Sarkozy que Jean-Louis Borloo essaie de transformer en projet de loi. Ecrit par trois économistes (P. Artus, P. Cahuc, A. Zylberberg), non suspectés d'hétérodoxie, le rapport pointe plusieurs dangers :

  • un effet pervers qui consiste à « abaisser (ou à ne pas augmenter) le taux de salaire des heures normales et à déclarer fictivement un grand nombre d'heures supplémentaires », à la place de véritables augmentations de salaire ;
  • « un effet négatif sur l'emploi » puisque cette mesure « incite les entreprises à substituer des heures de travail aux hommes »;
  • un coût exorbitant pour la Sécurité Sociale qui devra être compensé par les finances publiques (3 à 5 milliards d'euros par an) ;
  • un problème de constitutionnalité d'égalité devant l'impôt : pourquoi un salarié aux 35 heures ayant fait 4 heure sup ne paierait pas d'impôt sur ces 4 dernières heures alors qu'un salarié aux 39 heures en paierait ?
  • une véritable usine à gaz se profile : il faut mettre en place un régime spécifique pour les cadres rémunérés au forfait jour, un autre pour les employés à temps partiel....
  • la mesure « ne constitue pas un moyen efficace de valoriser le travail ».


Une attaque en règle... Les promesses électorales démagogiques sont décidément difficiles à tenir...


On ne peut résister à ce petit calcul trouvé sur le site de Libération.

Enoncé du problème :

« J'ai trois salariés. S'ils sont d'accord et que sur leurs feuilles de paye, je déclare 39 heures au lieu de 35, avec un taux horaire plus bas, ils gagnent le même salaire, j'économise des charges et eux des impôts »

Explications :

Un salarié est payé 1 372 euros nets mensuels, soit 8,60 euros de l'heure pour 152 heures (35 h. hebdo.). S'il ne touche plus que 8 euros de l'heure, mais pour un total de 169 heures (39 h. hebdo.), il gagnerait 1 386 euros par mois, en incluant les 25% de bonification pour ses 4 heures supplémentaires par semaine. Tous les mois, il économiserait 24 euros d'impôts (s'il est célibataire), et son employeur 72 euros de charges sur les heures supplémentaires fictives.

mercredi, 30 mai 2007

Ouverture du marché de l'électricité : l'absurde libéral !


Prévue pour le 1er Juillet 2007, l'ouverture du marché de l'électricité pour les particuliers traduit un véritable dogmatisme idéologique qu'aucune raison économique ne permet de justifier.

Même l'UFC-Que Choisir incite les usagers à ne pas quitter l'opérateur historique : voir ici.

Au risque de nous répéter :

  • voir ici pour une analyse rapide ;
  • voir ici pour un 4 pages d'Attac France qui rejette cette libéralisation ;
  • et signer ici une pétition contre cette ouverture !
A quand un vrai débat public sur la question ?

Il est vrai que ni Nicolas Sarkozy ni Ségolène Royal n'avaient pris le temps d'évoquer la question lors de leur pourtant interminable débat d'entre-deux tours... (voir ici)

mardi, 29 mai 2007

Crédit d'impôts sur les prêts immobiliers


De quoi s'agit-il ?

Lors de la campagne, Sarkozy a tout évoqué : déduction, réduction, crédit d'impôt. Précisions :

  • la déduction s'opére à partir du revenu imposable ;

  • la réduction, plus simple, se fait directement sur le montant de l'impôt ;

  • le crédit d'impôt, dans ce cas, est une réduction d'impôt lorsqu'elle lui est inférieure, et un don du fisc lorsqu'elle lui est supérieure.

Au final, il s'agirait d'un crédit d'impôt, à hauteur de 20 % des intérêts, qui concernerait aussi les ménages non imposables. La mesure serait limitée dans le temps.

Qu'en attendre ?

  • Une augmentation de la demande de logements : comme l'offre d'appartements est limitée, cela encouragera la hausse des prix, ce dont se félicitent les professionnels ;

  • En l’absence de plafond, les plus gros emprunts seront les principaux bénéficiaires, c'est-à-dire les ménages disposant des plus gros revenus, ceux qui ont le moins besoin d’incitations fiscales de ce type.

  • La France ne manque pas de dispositifs fiscaux incitant à l'accession à la propriété immobilière (les niches Robien, Perissol, Borloo...).L'expérience passée montre que le rendement économique des aides fiscales au logement est extrêmement faible. Qu'il s'agisse des subventions à l'immobilier locatif, des allocations logement... ou de la déduction des intérêts d'emprunt (pratiquée en France jusqu'en 1997), toutes les évaluations disponibles indiquent que ces aides se transmettent presque intégralement en inflation immobilière, sans réel impact sur la construction et les conditions de logement.

Résumé : un coût de près de 5 milliards d'euros par an, pour un rendement quasi nul.

=> C'est une mesure de subvention des propriétaires, pas du logement : cela n'a économiquement guère de sens de déduire les intérêts d'emprunt payés par les propriétaires sans autoriser également la déduction des loyers payés par les locataires. Si l'on avait souhaité subventionner le logement, qu'importe que le paiement du service de logement prenne la forme d'intérêts ou de loyers.

=> Plus important de loger les Français que de servir les propriétaires : développer un vrai pôle public du logement créant des logements sociaux et rénovant les existant est la nécessité n°1 !

Et le prêt à taux zéro ?

Le prêt à taux zéro (autre forme d'allégement du coût du crédit), entré en vigueur le 1er octobre 1995, est ciblé sur les revenus compris entre deux et trois smic : c'est un excellent instrument pour aider les ménages modestes à acheter leur logement principal.

En 2006, environ 235 000 prêts à taux zéro ont été distribués, pour un montant moyen de 15 350 euros et un coût budgétaire pour l'Etat d'environ 750 millions d'euros, et de 770 millions d'euros prévus en 2007.

vendredi, 25 mai 2007

Disparition de la dette....


... du débat public seulement !

D'aileurs, Eric Woerth n'a-t-il pas dit, mercredi, à propos de la réduction de la dette, prenant à rebours les engagements de Sarkozy :

"Oui à la pause, si cette pause est utile et si cette pause est efficace"

Ne se moque-t-on pas du monde ? Pour des détails sur les faux-débats autour de la dette, voir ici.

jeudi, 24 mai 2007

Tribune publiée... "Franchise sur les soins de santé : ce que le débat oublie"


... reprenant en plus soft le post publié hier, une tribune acceptée par Agoravox : à voir ici.

N'hésitez pas à aller y faire un tour et y laisser un commentaire sympa...

mercredi, 23 mai 2007

La BCE ose prôner la modération salariale...


... au congrès de la CES, mardi 22 mai à Séville. Jean-Claude Trichet a ainsi déclaré :

"Les pays de la zone euro qui ont été capables de préserver à un bas niveau la hausse des coûts du travail ont connu d'importants gains en matière d'emploi", tandis que "nombre d'économies qui ont perdu en compétitivité ont aussi perdu des parts de marché et ont moins créé d'emploi".

Un seul exemple de cette inéptie : augmentations salariales modestes en Allemagne depuis plusieurs années, et 600 000 emplois de détruits... !

L'idéologie libérale domine : les salaires seraient un frein à l'embauche ! Alors que des études montrent le contraire...

mardi, 22 mai 2007

Hirsch - Sarkozy : franche opposition sur la franchise ?


Devant la proposition de Nicolas Sarkozy d'instaurer une franchise sur les soins, Martin Hirsch, ancien président d'Emmaus et actuel membre du gouvernement, s'est dit opposé au projet (voir ici par exemple).
Quelques heures plus tard et après une entrevue avec Roselyne Bachelot, ministre de la santé, Hirsch s'est dit rassuré par la promesse que les "personnes en difficulté" ne seront pas concernées par la franchise. (voir ici par exemple). Faut-il y voir un pas en arrière de Fillon et Sarkozy ?

Si on peut y voir une nuance dans le discours, le projet, foncièrement idéologique, n'est pas remis en cause. Jusqu'à présent, pour atténuer les craintes devant le projet, Nicolas Sarkozy, d'émission en émission, a diminué le montant de la franchise, parlant de 50 à 100 euros par an pour en arriver à quelques centimes d'euros par acte (voir ici). Reconnaître qu'il faut introduire de la solidarité en préservant de la réforme les personnes en difficulté est donc une nette évolution ... mais qui ne remet pas en cause ce projet d'idéologues dogmatiques !

Pourquoi considérer que l'introduction d'une franchise sur les soins est une mesure idéologique ?

  1. parce qu'elle est un non-sens économique : loin de lutter contre la hausse des dépenses de santé, une telle franchise pourrait même inciter à l'augmentation des dépenses. En effet, 70% de la dépense totale est le fait de 10% de patients qui sont atteints de lourdes pathologies. Une fois la franchise payée, la logique économique sera de dépenser le plus possible sur l’année en cours.
  2. parce que c'est l'inverse d'une politique cohérente de santé publique : on cherche à dissuader les petits ou moyens consommateurs de se faire soigner pour des maladies apparemment moins sévères et pour les actes de prévention que l’on croit toujours pouvoir « reporter » à plus tard. La franchise défavorise donc la prévention... Retarder ou annuler des soins de prévention, c'est s'assurer de soins futurs lourds, beaucoup plus onéreux pour la collectivité.
  3. parce que c'est une remise en cause fondamentale de la solidarité : la franchise marque la fin d’un système d’assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son revenu et qui protège, équitablement, les individus en bonne santé et les malades. On quitte la logique de la solidarité pour celle de l’assurance privée. Un tel système pourrait désinciter les patients aux faibles revenus, mais pas assez pauvres pour en être dispensés, à recourir aux soins.


Comme le dit la pétition, ce projet de franchise est :

  • socialement injuste ;
  • économiquement inefficace ;
  • dangereuse pour la santé publique.


C'est donc bien une attaque idéologique contre l'esprit de solidarité. Solidarité entre jeunes et moins jeunes, entre malades et bien portants.

La haine du secteur public et de la solidarité collective sont donc les moteurs d'une droite décomplexée qui préfère les dépenses de santé privées à la mode américaine plutôt que les dépenses publiques. On est là en pleine logique et idéologie libérales : les dépenses privées, parce que privées, sont toujours préférables aux dépenses publiques.

Pourtant, alors que les Etats-Unis dépensent 15,3 % de leur PIB à la santé de leurs habitants, la France n'en dépense que 10,5 % (voir ici), ce qui en valeur absolue signifie que les dépenses de santé par an et par habitant sont quasiment deux fois plus élevées aux Etats-Unis qu'en France (voir ici). Le projet de Sarkozy, par sa remise en cause profonde de la logique solidaire du système de santé français, vise donc à nous rapprocher du système américain au sein duquel la part des dépenses publiques ne représente que 42 % des dépenses contre près de 80 % en France (voir ici). Sans voir que la part des dépenses publiques de santé augmentent bien plus vite aux Etats-Unis qu'en France : sur la période 1990-2004, ces dernières ont augmenté de 5 points de pourcentage aux Etats-Unis contre moins de 2 points en France (voir ici).

Le débat sur la franchise de soins gagnerait donc à être abordé frontalement sur ses versants idéologiques : quelle place pour la solidarité collective ? Assurance privée ou solidarité ?

dimanche, 20 mai 2007

Défiscaliser les revenus étudiants, à quoi bon ?

Dimanche 20 mai, dans l'émission "Dimanche +", sur Canal+, Xavier Bertrand, le ministre du travail, s'est engagé, conformément à une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy, à exonérer totalement d'impôt le revenu des étudiants qui travaillent.

A quoi bon ? Pour répondre, regardons à qui profite une telle mesure. D'une manière générale, les étudiants ne gagnent pas assez pour être imposables. Du coup, seules deux catégories d'étudiants seront bénéficiaires :

  1. Les boursiers qui, pour financer leurs études, doivent en plus travailler : ils pourront voir leurs aides augmenter car les revenus tirés de leur travail ne seront plus pris en compte dans le calcul de leurs aides ;
  2. Les étudiants salariés issus des familles les plus favorisées, rattachés au foyer fiscal de leurs parents et qui ne rentraient pas dans les critères d'exonération habituel.

Pour aider les boursiers, on aurait espéré une refonte et une augmentation très nette des bourses d'étude.

Pour les seconds, à quoi bon aider fiscalement des parents déjà très aisés ?

Bref, peut-être que le gouvernement devrait revoir sa copie...

Nota : nous n'évoquons même pas le double substrat idéologique d'une telle mesure : entériner le travail des étudiants comme normal et considérer que l'amélioration des conditions de vie des personnes passe par une réduction de leur imposition... Deux choix idéologiques qu'il faudrait peut-être étudier...

vendredi, 18 mai 2007

Travailler plus pour gagner plus, quelques vérités


Après le 6 mai, revenons sur la démagogie d'un slogan en s'appuyant sur cet excellent document, en 5 points :

  • les Français-es n'en veulent pas (cf. ici) : une majorité de Français (53%) veulent voir « leur durée de travail actuelle garantie par la loi », plutôt que « pouvoir travailler plus pour gagner plus » (45%) ;


  • travailler plus de 35 heures c'est déjà possible : le décret du 21 décembre 2004 a élargi le contingent d'heures supplémentaires à 220 heures par an et par salarié, dans le cadre d'une durée maximale fixée à 48 heures.


  • le choix de travailler plus pour gagner plus n'appartient jamais au salarié : le pouvoir d'allocation du travail dans une enteprise reste foncièrement celui du patron, et non du salarié. Le premier décide du temps de travail et des horaires du second : les salarié-e-s en temps partiels subis le savent bien !


  • les taux de majoration des heures supplémentaires n'ont cessé d'être revus à la baisse, notamment pour les PME : dans les entreprises de moins de 20 salariés, une personne au SMIC ayant effectué 4 heures supplémentaires percevra 10 % de 8,27 euros multiplié par 4, soit 3,3 euros ! Enorme !


  • plutôt que d'augmenter les bas salaires, il s'agit donc d'augmenter (peu) le niveau de vie en augmentant (beaucoup) la quantité de travail, ce qui revient à pérenniser les bas salaires et conforter l'inégale répartition des richesses.


Pour un dossier complet, voir ici.

Jusqu'à preuve du contraire, si l'on prend comme étalon le revenu horaire, le slogan de Sarkozy est plutôt "travailler plus pour gagner moins". Avec un effet négatif sur l'emploi ! tout pour plaire !

lundi, 14 mai 2007

Les LBO, nouvelle plaie du capitalisme mondial...???


Les LBO (leverage buy-out), acquisitions par emprunt en français, consistent à racheter une entreprise en s'endettant, par un subtil effet de levier financier. Cette opération permet à des fonds d'investissements de racheter l'entreprise avec une mise de fonds qui ne représente qu'une fraction de la valeur de la cible. Le solde, le montant de l'emprunt, est remboursé si les dividendes sont supérieurs aux intérêts du prêt. Les LBO incitent donc les nouveaux actionnaires à accentuer leur pression pour augmenter les retours sur investissements de court terme (augmentations des dividendes, du prix de l'action...) au détriment de l'investissement productif et des salaires.

Ces acquisitions de sociétés ont connu un important essor aux États-Unis (depuis les années 1970) et en Europe (à partir des années 1980). Ils ont représenté en 2006 plus de 50% des opérations menées par des fonds d'investissement. Les transactions de fonds LBO ont atteint quelques 600 milliards de dollars en 2006.

La France est le troisième pays d'accueil en termes d'investissements en LBO, derrière les Etats-Unis et l'Angleterre. La raison en est simple : les entreprises françaises sont en bonne santé et capables de rembourser rapidement leur dette.

Ce sont donc des cibles de choix. La FNAC pourrait être la prochaine....

vendredi, 11 mai 2007

Sarkozy - Bolloré, un premier mensonge ?


Pour tenter de dissiper le trouble né de sa proximité avec les dirigeants du groupe Bolloré, et l'éventuel conflit d'intérêt que pourrait cacher le prêt d'un jet privé et d'un yatch de milliardaire, Nicolas Sarkozy a prétendu que son ami Vincent Bolloré ne faisait aucune affaire avec les services de l'Etat français et ne bénéficiait pas des marchés d'Etat.

C'est faux...

La suite sur ce site !

Pour avoir une idée sur la constitution de l'empire Bolloré..., il faut visiter le site de l'association Survie.

mercredi, 9 mai 2007

La fin du libéralisme économique et du consensus de Washington ?


Loin de la politique franco-française, les indices d'une remise en cause fondamentale du consensus de Washington (1) et du libéralisme économique, déjà mis à mal par les conséquences désastreuses de leur application, se multiplient à vitesse grand V au niveau international ! En voici quelques-uns :

  • les banquiers centraux des pays les plus riches ont remis en cause les bienfaits du libéralisme à la fin de l'été 2006 (voir ici) ;
  • la BM est en passe de réhabiliter le rôle de l'Etat en proposant que ce dernier intervienne plus directement pour soutenir les agricultures des pays du Sud (voir ici et ici)
  • le Vénézuela a annoncé le 30 avril qu'il allait quitter le FMI et la Banque Mondiale (voir ici)
  • l'Equateur vient d'expulser le représentant de la Banque Mondiale (voir ici)
  • la Banque Mondiale, victime du népotisme de son président Paul Wolfowitz, est aujourd'hui discréditée de toute part, notamment parce que le problème de la dette des pays du tiers-Monde reste entier !
  • plusieurs pays latino-américains (Argentine, Bolivie, Brésil, Equateur, Paraguay, Venezuela) sont en train de jeter les bases de deux institutions nouvelles : un fonds monétaire du Sud et une Banque du Sud qui serait dotée d'une mise de départ de 600 millions de dollars !
  • le FMI, privé de remboursements de dette provenant des pays du Sud (baisse des taux d'intérêt au niveau mondial et remboursements des dettes par les pays du Sud) est dans une situation financière difficile ;
  • les pays en développement n'ont jamais disposé d'autant de réserves de changes qui atteignent aujourd'hui 3000 milliards de dollars, contre 160 pour la zone euro et 40 pour les Etats-Unis.


Il n'en faudrait pas beaucoup plus pour que la mort du consensus de Washington emporte avec lui ses deux principaux promoteurs : le FMI et la Banque Mondiale.

Soyons attentifs aux prochains semaines ! Et notamment aux prises de position de la France à ce sujet... et aux décisions du prochain G8, début juin en Allemagne (voir ici).


(1) En 1989, à Washington, l'économiste John Williamson a proposé une liste de dix prescriptions économiques qui résumaient la position des institutions financières internationales (Banque mondiale, Fonds monétaire international) et du Département du Trésor américain. Ses prescriptions reposent

jeudi, 3 mai 2007

Le débat Sarko-Ségo oublie l'électricité...


Alors que le marché de l'électricité pour les particuliers sera libéralisé le 1er Juillet 2007, aucun des deux candidats n'a jugé bon d'évoquer cette question lors du débat télévisé du mercredi 2 Mai. Ce débat aurait pourtant pu permettre de clarifier le débat sur le libéralisme économique et son impact sur les plus pauvres d'entre nous. On aurait pu distinguer :

  • le discours libéral qui défend l'ouverture du marché de l'électricité qui favorise les profits des actionnaires des principaux producteurs et diffuseurs ;
  • le discours anti-libéral qui démontre, exemples à l'appui (Royaume-Uni...) qu'une telle ouverture du marché ne produit qu'augmentation de tarifs et dysfonctionnements majeurs...

Ni Sarko, ni Ségo n'ont jugé bons d'éclairer les électeurs sur le sujet...

Peut-être parce qu'ils sont en fait d'accord sur cette libéralisation....

Et pourtant :

  • voir ici pour une analyse rapide ;
  • voir ici pour un 4 pages d'Attac France qui rejette cette libéralisation ;
  • et signer ici une pétition contre cette ouverture !

mercredi, 2 mai 2007

Taux de fécondité et services publics !


Il n'est pas rare de supposer que les zones rurales, moins peuplées, n'ont pas besoin de voir leurs écoles maintenues et des investissements en services publics réalisés...

Pourtant, à y regarder de plus près, les taux de fécondité étant plus élevés en zone rurale, ne faudrait-il pas y accroître les investissements en services publics de qualité (éducation, transports, infrastructures sportives...) pour accueillir les nouvelles générations dans de bonnes conditions ?

En effet, après avoir été la plus basse en 1990, la fécondité des femmes vivant en zone rurale redevient la plus élevée. Ainsi, avec 1,92 enfant par femme en 1999, les campagnes sont redevenues plus fécondes que les zones urbaines. Dans les villes de moins de 20 000 habitants, la fécondité est un peu moins élevée (1,88 enfant par femme). C’est dans les centres des grandes agglomérations que les naissances sont les moins fréquentes et les plus tardives.

Voilà des éléments concrets pour orienter les politiques publiques !

source : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP963.pdf

lundi, 30 avril 2007

Sarkozy, Forgeard et Mai 68...


A Bercy, voyons comment Sarkozy nous prend pour des cons....

Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portés par les valeurs de mai 68. Voyez comment la contestation de tous les repères éthiques, de toutes les valeurs morales a contribué à affaiblir la morale du capitalisme, comment elle a préparé le terrain au capitalisme sans scrupule et sans éthique des parachutes en or, des retraites chapeaux et des patrons voyous, comment elle a préparé le triomphe du prédateur sur l’entrepreneur, du spéculateur sur le travailleur.

En résumé, Mai 68 a dépravé la bonne vieille morale qui fit la grandeur de notre pays, Forgeard et ses ami-e-s sont des gens sans morale, ils sont donc les héritiers de Mai 68.

On aurait pu imaginer un autre raisonnement :

  • Forgeard et ses ami-e-s (Breton ?) sont des voyous ;
  • Ce sont aussi des grands patrons ;
  • Tous les grands patrons sont des voyous...

Absurde ? L'est-ce moins que la démonstration de Sarkozy.... Pas sûr !

vendredi, 27 avril 2007

Attaquer l'Etat-Providence de biais...


La solidarité et la redistribution des richesses forment un pan de l'Etat-Providence, ce que les économistes appellent sa "fonction de répartition". Celle-là même que conservateurs et libéraux de tout poil ont toujours cherché à réduire ou éliminer. Celle-là même que tous les gouvernements de droite de la planète remettent en cause dès leur arrivée au pouvoir.

Les pourfendeurs de la solidarité et de la redistribution des richesses ont expérimenté deux grandes options tactiques.

La première vise à remettre en cause leurs principes-mêmes : égalité, redistribution, solidarité...

A cette première option se greffe aujourd'hui une tactique de biais bien plus pernicieuse visant à dénoncer ceux qui en profiteraient indûment et en confisqueraient les bénéfices. S'en prenant à la "culture de la dépendance" et aux comportements tricheurs et profiteurs qui en découleraient, cette option est aujourd'hui reprise par Nicolas Sarkozy.

Il affirme ainsi : « Je n’accepte pas qu’il y ait des gens qui soient au RMI et qui, à la fin du mois, aient autant que des gens comme vous des salariés qui se lèvent tôt le matin. »

Il rajoute que « l’assistanat généralisé est une capitulation morale. L’assistance est une atteinte à la dignité de la personne. Elle l’enferme dans une situation de dépendance. Elle ne donne pas assez pour une existence heureuse et trop pour inciter à l’effort ».

Bref, ce second type de critique vise à opposer ceux qui bénéficient de ceux qui paient, pour faire naître une division politique entre tous les bénéficiaires potentiels de cette partie de l'Etat-Providence. Une fois le vers dans le fruit, il sera plus facile de réduire drastiquement ce pan de l'Etat-Providence.

Pour détruire de l'intérieur les principes de solidarité et de redistribution, rien de tel de construire une division de toute pièce entre les bénéficiaires et ceux qui ne le sont pas encore mais qui craignent de le devenir. Les deux s'en mordront les doigts lorsqu'il n'y en aura plus !

mercredi, 25 avril 2007

Besson, preuve par l'exemple du reniement idéologique du PS


Que penser du ralliement de Besson à Sarkozy ? Simple péripétie de campagne ou véritable révélateur d'une convergence idéologique entre le PS et la droite sur les questions économiques ?

Poser la question, c'est commencer à y répondre. On peut bien sûr dire qu'Eric Besson a claqué la porte du PS parce que blessé dans son orgueil de conseiller économique non avisé à temps du Pacte Présidentiel.

Mais est-ce suffisant ?

Comment un conseiller économique du PS écouté et apprécié Rue Solférino, si ce n'est de Ségolène, peut-il, alors qu'il affirme que son "ralliement n'est pas un reniement" (1), aller poursuivre son activité à l'UMP sans que cela ne trahisse la proximité intellectuelle du PS et de l'UMP sur les questions économiques ?

Ce ralliement, au-delà d'une trajectoire personnelle, nécessitait que de solides ponts idéologiques existent. Des ponts que les deux décennies de dérives libérales du PS n'ont cessé de construire.

CQFD.

(1) Europe 1, le 24 Avril 2007

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