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vendredi, 16 mars 2007

Ségolène, royalement ultra-libérale ou royalement anticapitaliste ?

Jeudi 15 mars, France 2, A vous de juger, au bout de 45 minutes d'émission environ. Ségolène propose que « le travail soit moins taxé que le capital » ! Arlette Chabot ne réagit presque pas. Aucun commentaire ne s'arrêtera sur cette proposition, pourtant proprement réactionnaire ou incroyablement révolutionnaire !

Explications.

Dans une société capitaliste marchande comme la nôtre, il y a deux façons principales d'obtenir des revenus : être rémunéré pour son travail ou pour son capital. Ces deux types de revenus sont l'objet de prélèvements sociaux obligatoires : les revenus du travail à hauteur de 40 à 50 % et les revenus du capital (intérêts ou dividendes) rarement au-dessus de 10 %. Quand à l'impôt sur le revenu, les exonérations sont fréquentes pour ceux du capital et rares pour ceux provenant du travail. Au final, même si il est difficile de produire une évaluation précise – les revenus sont de forme multiples et leur imposition dépend de facteurs divers – les revenus du travail sont beaucoup plus taxés que ceux du capital.

Puisque Ségolène Royal n'a pas précisé comment elle comptait faire pour que le travail soit moins taxé que le capital* – si ce n'est vouloir baisser l'impôt sur les sociétés – analysons les deux possibilités :

  • réduire la taxation du travail au niveau de celle du capital : cela revient à mettre en cause notre modèle de protection sociale (retraite, santé, chômage...) qui est très largement financé par les cotisations sociales portant sur les revenus du travail ;
  • augmenter la taxation du capital au niveau de celle du travail : intéressant, mais même les collectifs anti-libéraux n'ont pas fixé de tels objectifs dans leurs 125 propositions...

Le premier cas est symptomatique des politiques ultra-libérales. Le second est franchement anticapitaliste pour la société dans laquelle nous sommes !

Bref, on attend des précisions de Ségolène... Et ce d'autant plus que l'objectif, comme les moyens de l'atteindre, sont totalement absents du Pacte présidentiel ou du programme 2007 du Parti Socialiste.

A moins que cette petite phrase ait dépassé sa pensée... et son projet !

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* Sa déclaration (44min30 après le début de l'émission) : « Je suis très claire là-dessus : le premier ministre que je nommerai, sa première feuille de route sera celle-ci, je veux qu'en France, une bonne fois pour toutes, le travail soit moins taxé que le capital ! Vous vous débrouillez comme vous voulez, vous regardez partout où ça se fait ! Et j'ai dit dans mon projet d'ailleurs que je suis prête à baisser l'impôt sur les sociétés dont les bénéfices sont réinvestis dans l'entreprise... »

mercredi, 14 mars 2007

Chirac l'anti-libéral !

Le déroutant Jacques Chirac, à Pierre Péan :

"Je suis convaincu que le libéralisme est voué aux mêmes échecs que le communisme et qu'il conduira aux mêmes excès. L'un comme l'autre sont des perversions de la pensée humaine" !

Monsieur Chirac, pourquoi donc ne pas avoir mis en actes une telle certitude anti-libérale ?

lundi, 12 mars 2007

Quelques chiffres du bilan économique de Chirac

Dimanche 11 mars, Jacques Chirac, candidat de la fracture sociale en 1995, annonce qu'il ne se représente pas et défend, au détour d'une phrase, son bilan économique et social. !!!! Quelques chiffres pour en cerner la réalité :

- autant de pauvres en 2007 qu’en 1995 : 7 millions ! 7 millions de pauvres ! En France !

- 400 000 Rmistes de plus !

- Autant d’inscrits à l’ANPE : environ 4,5 Millions !

- 300 000 bénéficiaires des minima sociaux de plus qu’en 2002 !

- 3,2 millions de mal-logés et 100 000 expulsions par an

- 11,2 % de salariés au SMIC en 1995, 16,8 % en 2005

Pour le bilan économique de la droite (2002-2007) voir également ici

Beau bilan !

vendredi, 9 mars 2007

Augmenter la rémunération du capital, quel résultat !

Avec le tournant de la rigueur de 1983, c'est un accord presque unanime sur les raisons du prolongement de la crise économique qui se fait jour : les marges des entreprises seraient insuffisantes et leur compétitivité trop faible. Elles ne pouvaient plus investir, disait-on à l'époque, créer de la richesse, et embaucher. Le tournant de la rigueur de 1983 marque l'entrée d'une période où les salarié-e-s voient leur rémunération décrocher par rapport à l'inflation et la rémunération du capital augmenter considérablement.

Si bien qu'en 20 ans, la part des salaires et cotisations dans la richesse nationale est passé de 79 % du PIB en 1982 à 67 % aujourd'hui. 12 points de PIB correspondent aujourd'hui à 190 milliards d'euros. Belle somme ! Somme qui remplisse les poches des actionnaires, pas celles des salarié-e-s.

Que disent les actionnaires, les économistes libéraux et les candidats de droite ? Qu'il faudrait continuer à accroître la part de la rémunération du capital dans l'économie afin d'empêcher les délocalisations. Même recette joue encore.

Le jour n'est-il pas venu de changer des recettes qui n'ont jamais permis de sortir de la crise économique de ces 20 dernières années ?

La propriété est la clef de la sécurité pour Sarkozy...


Nicolas Sarkozy, dans son discours d'investiture, 14 janvier 2007 : « Je propose que l'on fasse de la France un pays de propriétaires parce que lorsque l'on a accédé à la propriété on respecte son immeuble, son quartier, son environnement… et donc les autres. »

La prochaine étape ? Embastiller tous les locataires. Car, c'est bien connu, les locataires sont irrespectueux et dégradent leur environnement ! En prison !

mardi, 6 mars 2007

Du rififi dans les instituts de statistiques publiques autour de l'évaluation du chômage !

Alors que l'INSEE devait publier le chiffre du chômage issu de l'Enquête Emploi, fleuron de la statistique publique française, Jean-Michel Charpin, son directeur, a décidé de repousser sine die sa publication. C'est un fait inédit.

Les spécialistes de la questions analysent ce report comme la volonté de ne pas contredire le gouvernement qui affirme, en s'appuyant sur les chiffres de l'ANPE, que le chômage baisse. Il faut savoir qu'il suffit d'un directeur de l'ANPE à poigne pour faire baisser le nombre d'inscrits à l'ANPE alors que le chiffre de l'Enquête Emploi de l'INSSE est très proche de la réalité. D'ailleurs, des pays comme les Etats-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni ou l'Espagne jugent les registres administratifs bien trop manipulables et basent leurs diagnostics sur les seules enquêtes Emploi. Il est donc quasiment certain que le chômage est sous-évalué en France...

... Et, aujour'hui, 6 mars 2007, des économistes de l'INSEE et de l'ANPE révèlent dans une note que le taux de chômage officiel ne serait pas de 8,6 % comme le claironne le gouvernement mais de 9,5 %.

Et voilà le gouvernement de Sarkozy et Villepin pris la main dans le sac de celui qui fait baisser artificiellement des chiffres pour valider sa politique antisociale.

lundi, 5 mars 2007

Le SMIC, ennemi de l'emploi ? Augmenter le SMIC crée-t-il des emplois ?

Libéraux et sociaux-libéraux ont tendance à répondre un « oui », plus ou moins clair, aux deux questions. Le raisonnement, théorique, est le suivant : les ressources de l'entreprise étant fixes, si, par une augmentation du SMIC, on renchérit le travail peu qualifié par rapport au capital et au travail qualifié, alors l'entreprise préférera ne pas embaucher. Et on connaîtra du chômage, à cause du SMIC !

Ce raisonnement a deux défauts : ne pas s'appuyer sur des faits et ne pas envisager toutes les hypothèses théoriques.... Sur le plan théorique, une entreprise confrontée à une augmentation de ces coûts de production, peut rogner sur ses profits ou se réorganiser pour augmenter sa productivité, plutôt que ne pas embaucher.

Et que disent les faits ? Une récente étude de la London School of Economics montre que l'introduction du salaire minimum au Royaume-Uni a pour principal effet de favoriser la redistribution de la valeur ajoutée en direction des salariés les plus modestes, sans augmenter le chômage.

Bref, soyons pragmatiques et pas idéologiques : augmentons le SMIC ! Vite et suffisamment !

vendredi, 2 mars 2007

Sarko et Ségo, « travailler plus », les Français n'en veulent pas !

« Réhabiliter la valeur-travail », « travailler plus pour gagner plus », « libérer le temps de travail » sont autant de petites phrases électorales qui sont apparues sur les lèvres de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal depuis le début de la campagne. Ce sont autant de mesures dangereuses pour les acquis sociaux. Mais également autant de promesses dont les Français ne veulent pas !

En effet, selon un sondage LH2 pour 20 minutes et RMC publié vendredi 2 mars, une majorité de Français (53%) veulent voir « leur durée de travail actuelle garantie par la loi », plutôt que « pouvoir travailler plus pour gagner plus » (45%) comme proposé par le présidentiable UMP Nicolas Sarkozy.

Sarko, Ségo, écoutez les Français, ils sont toujours de bons conseils !

A la gauche antilibérale de saisir la balle au bond !

jeudi, 1 mars 2007

Fiches thématiques politiques


Dans ce post, vous trouverez les fiches thématiques politiques sur les questions économiques/sociales écrites au cours de la campagne Bové ou des législatives Gauche Alternative 2007. Il suffit de cliquer sur les liens pour les ouvrir :

mercredi, 28 février 2007

Truquer les chiffres du Chômage : Villepin veut faire encore plus fort !

Le lundi 26 février, Dominique de Villepin veut "atteindre un taux de chômage de 6 % à l'horizon 2010" ...

Cela donne du temps au temps...

Il rajoute : "Cela ne se fera pas tout seul, nous le savons" !

On craint le pire, les statisticiens aussi, quand on sait que la baisse récente du chômage actuelle est due à la manipulation des données : voir ici

Créons donc un ministère de la manipulation es chiffres, ce sera plus clair !

lundi, 26 février 2007

Faut-il se réjouir des bons chiffres de l'UNEDIC ?

Après 4 années de déficit à l'UNEDIC, 344 millions d'euros de bénéfice en 2006 et 2,5 milliards prévus pour 2007. __Une bonne nouvelle ?

Certainement pas pour les chômeurs. Pour le collectif ACDC, ces résultats sont la conséquence directe de la réduction des droits à l'indemnisation des chômeurs depuis 2003. Deux facteurs ont joué :

  • la proportion des demandeurs d'emplois percevant une allocation a fortement diminué , passant de 54 % en 2003 à 47,5 % en novembre 2006 ; ainsi le nombre de chômeurs indemnisés à diminuer de 19 % là où le nombre d'inscrits à l'ANPE n'a diminué que de 8 %.
  • les dépenses consacrées à l'indemnisation des chômeurs ont diminué de plus de 10 % entre 2004 et 2006. Près de 40 % des indemnisés recevraient ainsi moins de 600 euros par mois.

Bref, les chômeurs sont victimes d'une drôle double peine : pas de travail, et soutien social en drastique baisse.

Dans le même temps, le nombre de personnes au RMI, devenu le dernier maillon de l'indemnisation chômage, ne cesse de croître : plus de 1,3 millions en 2006 !

Plutôt que cacher le chômage (voir ici) et ne plus indemniser les chômeurs, ne serait-il pas temps de changer de politiques de l'emploi ?

samedi, 24 février 2007

Le CNE, une belle escroquerie !


Présenté comme la pierre angulaire du dispositif pour lutter contre le chômage, le CNE, selon Villepin, devait à terme représenter 700 000 embauches par an, et 70 000 créations d'emploi chaque année. Une enquête toute pourrie – il n'y a pas d'autres mots puisque le Conseil National de l'Information Statistique l'avait vertement critiqué en février 2006 – vient de montrer que le CNE est loin d'avoir les résultats escomptés.

Forçant les résultats au maximum, le CNE ne représenterait que 400 000 embauches, dont seulement 40 000 créations d'emplois nettes. Le CNE est un donc bien un effet d'aubaine pour les employeurs. D'autre part, un CNE sur deux est rompu avant un an et ces embauches concernent particulièrement des hommes peu qualifiés.

Bref, le CNE n'a pas créé les emplois attendus par le gouvernement Villepin-Sarkozy et loin de sécuriser l'emploi, il précarise le salarié. Enfin, on peut légitimement envisager de très importantes ruptures de contrat la veille des deux ans d'existence du contrat.

Rendez-vous est donc pris pour Octobre 2007, en espérant que la statistique publique daigne publier des données de qualité !

jeudi, 15 février 2007

Les entreprises privées écrasées par les aides publiques...

En 2005, près de 4 % du PIB, soit plus que le budget de l'éducation nationale, a été dépensé en aides publiques aux entreprises ! Soit 65 milliards d'euros (principalement des exonérations de cotisations sociales, pour un montant de 19 milliards d'euros), financés en premier lieu par l'Etat (57 milliards).

A y regarder de plus près, les aides fiscales dédiées aux entreprises naissantes, celles qui en ont besoin, ne concernent que 10 % d'entre elles. Bref, les aides publiques n'atteignent pas les bonnes entreprises. Même l'association CroissancePlus, pourtant pas d'extrême-gauche, craint que 80% des 65 milliards ne soient affectées aux grandes entreprises.

Même la cour des comptes juge coûteuse et « incontrôlée » la politique d'exonération de charges. Alors que le Canada a réduit de 60 % ses aides aux entreprises, le rapport préconise une réduction de 4 milliards d'euros des aides, en une seule année.

Du grain à moudre pour la campagne présidentielle ?

Source : « Rapport sur les aides publiques aux entreprises », janvier 2007, La Documentation Française

lundi, 12 février 2007

Libéralisons le marché de l'électricité pour augmenter les prix !!!

En France, depuis 2004, les factures des entreprises qui ont choisi les offres du marché dérégulé ont augmenté de 76 %. En Europe, entre 2001 et 2006, les prix du marché dérégulé ont augmenté de :

  • 39 % en Espagne
  • 49 % en Allemagne
  • 81 % au Royaume-Uni
  • 92 % au Danemark

A quelques mois de la relance de ce projet, les électeurs auront compris qu'il leur vaut mieux de devenir producteurs d'électricité. Ressortez vos SOLEX !

Une pétition à signer ici

samedi, 10 février 2007

du Clémenceau à l'université

Sarkozy fixe à 2% du PIB minimum le budget de défense.

Autant qu'aujourd'hui. Soit deux fois plus que le budget de l'enseignement supérieur.

Le Clémenceau qui ne vogue pas souvent semble plus important que des universités qui tombent en ruines...

jeudi, 8 février 2007

Bilan de la droite en quelques chiffres


  • Pas de baisse d'impôts mais augmentation des prélèvements obligatoires de 1,5 point de PIB.
  • La dette s'est alourdie de 300 milliards d'euros.
  • Le déficit du commerce extérieur flirte avec les 30 milliards d'euros.
  • Le déficit de l'Etat est de 41,7 milliards d'euros (estimation Sénat)

mardi, 6 février 2007

Sarkozy, plus haut et plus fort que Thatcher

Le 5 février, Nicolas Sarkozy se lâche : il affirme vouloir baisser les prélèvements, en 5 ans, de 4 points de PIB.

Tout en réduisant les déficits. Pour cela, il faut baisser de 4 points les dépenses publiques. Lesquelles ? Mystère !

Quelques chiffres. 4 points de PIB, c'est :

  • 4 fois le budget de l'enseignement supérieur !
  • La moitié des dépenses de santé
  • Un record mondial ! Thatcher n'avait réussi à les baisser que de deux points en dix ans ! Sarkozy, en deux fois moins de temps, entend faire deux fois mieux !
Vu l'état du Royaume-Uni après Thatcher, on est inquiet... Très inquiet !

lundi, 5 février 2007

Si la liberté est bonne pour certains, elle doit l'être pour tout le monde

Ségolène Royal, automne 2006, à propos de la carte scolaire :

« Si la liberté est bonne pour certains, elle doit l'être pour tout le monde ».

Et qu'en pensent les poules libres d'un poulailler où un renard peut agir librement ?

dimanche, 4 février 2007

l'homme, qui n'est pas une marchandise comme les autres

Nicolas Sarkozy, le 9 novembre 2006, à Saint-Etienne ;

« ... on ne fait pas n'importe quoi avec l'homme, qui n'est pas une marchandise comme les autres ».

L'homme, une marchandise ? Vite, votons Bové, l'homme n'est pas une marchandise ! Tout court ! Vive le Code du Travail !

samedi, 3 février 2007

L'état de jeune, c'est un passage, une maladie dont on guérit

Laurence Parisot, le 16 janvier 2006, dans La Tribune :

« L'état de jeune, c'est un passage, une maladie dont on guérit ».

La connerie humaine, elle, n'est toujours pas soignée...

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