Organisée dans le plus grand secret, la rencontre de Potsdam réunissait les ministres du Commerce du Brésil, des Etats-Unis, de l'Inde avec le Commissaire européen au commerce international, auxquels s'étaient joints les ministres de l'agriculture. Elle se solde par un échec.

Aucun accord n'a été trouvé sur les deux dossiers clefs :

  • l'ouverture des marchés du Sud aux produits industriels des pays occidentaux par la diminution des droits de douane (principale source de revenus des pays du Sud) ;
  • la réduction des tarifs douaniers agricoles des pays du Sud en échange de l'ouverture des marchés des pays occidentaux et la réduction des aides que ces derniers pays apportent à la production et à l'exportation de leurs produits agricoles.

En l'absence d'accord, il semble peu vraisemblable qu'il soit possible, comme l'avait imaginé Pascal Lamy, de conclure le cycle de négociations lancé à Doha en novembre 2001

Après l'échec de la négociation du projet d'Accord Multilatéral sur l'Investissement (1998), après l'échec de la conférence ministérielle de Seattle (1999) puis de celle de Cancun (2003), l'enlisement du programme de Doha marque une nouvelle étape de la remise en cause de la libéralisation des échanges mondiaux. La mobilisation des pays du Sud et le mouvement altermondialiste y ont fortement contribué.

La prochaine échéance est d'ouvrir un espace multilatéral de négociations - les accords bilatéraux sont une impasse - pour réguler le commerce mondial pour le bénéfice des peuples et pas ceux des multinationales. Tout un programme.