Attaquer l'Etat-Providence de biais...
Par Maxime Combes le vendredi, 27 avril 2007, 17:33 - Echos de l'éco - Lien permanent
La solidarité et la redistribution des richesses forment un pan de l'Etat-Providence, ce que les économistes appellent sa "fonction de répartition". Celle-là même que conservateurs et libéraux de tout poil ont toujours cherché à réduire ou éliminer. Celle-là même que tous les gouvernements de droite de la planète remettent en cause dès leur arrivée au pouvoir.
Les pourfendeurs de la solidarité et de la redistribution des richesses ont expérimenté deux grandes options tactiques.
La première vise à remettre en cause leurs principes-mêmes : égalité, redistribution, solidarité...
A cette première option se greffe aujourd'hui une tactique de biais bien plus pernicieuse visant à dénoncer ceux qui en profiteraient indûment et en confisqueraient les bénéfices. S'en prenant à la "culture de la dépendance" et aux comportements tricheurs et profiteurs qui en découleraient, cette option est aujourd'hui reprise par Nicolas Sarkozy.
Il affirme ainsi : « Je n’accepte pas qu’il y ait des gens qui soient au RMI et qui, à la fin du mois, aient autant que des gens comme vous des salariés qui se lèvent tôt le matin. »
Il rajoute que « l’assistanat généralisé est une capitulation morale. L’assistance est une atteinte à la dignité de la personne. Elle l’enferme dans une situation de dépendance. Elle ne donne pas assez pour une existence heureuse et trop pour inciter à l’effort ».
Bref, ce second type de critique vise à opposer ceux qui bénéficient de ceux qui paient, pour faire naître une division politique entre tous les bénéficiaires potentiels de cette partie de l'Etat-Providence. Une fois le vers dans le fruit, il sera plus facile de réduire drastiquement ce pan de l'Etat-Providence.