Face au réflexe pavlovien des Instituts de l'Entreprise et autres cabinets d'experts, proches des grands groupes et intérêts financiers français, qui chiffrent toute nouvelle mesure, les économistes non libéraux s'interrogent.

Faut-il chiffrer les programmes des candidats ? Deux économistes de l'OFCE viennent de publier un manifeste expliquant pourquoi ils ne chiffreront pas les programmes (voir ici). Leur principal argument est le suivant : n'importe quel chiffrage adopte une démarche comptable qui ne tient pas compte des effets induits par les dépenses publiques de la mesure étudiée. Pour prendre un exemple, la hausse du SMIC a pour effet d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés qui, en consommant plus, feront croître les recettes en TVA de l'Etat. Pour peu que cette augmentation des dépenses entraîne des bénéfices et des investissements supplémentaires du côté des entreprises, alors les dépenses publiques peuvent être plus que compensées par les retours de TVA, impôts sur les bénéfices et autres augmentations d'impôts liés à la croissance économique. Le bilan peut-être neutre ou même positif pour les dépenses publiques. Or, une démarche comptable ne permet pas de rendre compte de ces effets, ce qui « contribue davantage à obscurcir le débat qu'à l'éclairer » selon les deux économistes de l'OFCE.

A l'inverse, un autre économiste (voir ici) montre, exemple à l'appui, qu'une simple approche comptable permet de montrer que le programme économique de Nicolas Sarkozy, et notamment les baisses d'impôt promises, augmenterait le déficit public de 55 milliards d'euros, soit 3 % du PIB. Pour lui, le chiffrage, bien qu'imparfait, « est une exigence légitime qui préserve de la démagogie populiste ».

Le débat est donc ouvert. Le dernier chiffrage connu, celui de Coe-Rexecode, proche des grandes entreprises, est politiquement très intéressant : seul le programme de Nicolas Sarkozy créerait des emplois !!! Un seul enseignement à en tirer : les grandes entreprises soutiennent le programme libéral de Nicolas Sarkozy.

On s'en doutait....