Dans l'actualité, on assiste à une multiplication des suicides sur les lieux de travail :

  • quatre salariés de la centrale nucléaire de Chinon, en moins de 2 ans ;
  • trois suicides en 4 mois au technocentre Renault (Guyancourt, Yvelines).

Si les pouvoirs publics et les entreprises attendent pour agir qu'on leur apporte la preuve statistique que le suicide est lié aux conditions de travail, nous n'aurons plus qu'à compter les morts. Le simple fait que les salariés eux-mêmes évoquent la possibilité que ce soit lié au travail expriment leur propre mal-être : le travail fait souffrir.

Des données et des Chiffres :

a. Les Conditions de travail se dégradent (pour des évaluations précises voir ici) :
  • La promesse des années 80-90 ne s'est pas réalisée : Les pénibilités physiques n'ont pas disparu. Elles se renforcent même, notamment pour les ouvriers et employés peu qualifiés. D'une manière générale, les pénibilités psychologiques se sont accrues.
  • Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS), dus essentiellement à des contraintes posturales pénibles, constituent la première cause de maladies professionnelles en France comme dans la plupart des pays européens (+ 20% par an).
  • Les contraintes psychologiques (contraintes de rythme, liens avec le public), liées à la plus grande flexibilité du travail, ne cessent de croître sans que les salariés disposent des ressources (aides possibles, temps disponibles, formation) permettant d'y faire face.
b. La santé des travailleurs est dégradée par le travail :
  • Les inégalités sociales de santé perdurent : La probabilité de décéder entre 35 et 65 ans est de 13 % pour les cadres et professions libérales contre 26 % pour les ouvriers. Toutes les pathologies reculent chez les cadres, pas chez les ouvriers (augmentation des cancers du poumon, du pancréas et de l’encéphale) ;
  • Les accidents de travail (800 000 par an) et les arrêts maladie ne diminuent pas réellement ;
  • Près d’un problème de santé sur cinq est attribué au travail, soit 1 840 000 personnes de 15 à 64 ans par an ;
c. Les impacts du travail sur la santé sont très coûteuses :
  • le Comité économique et social des Communautés européennes estime, en 2000, les coûts des maladies liées au travail de 2,6 % à 3,8 % du PNB dans les pays industrialisés.
  • le coût global cumulé des accidents et des maladies professionnels s’élève à 3 % de la richesse nationale en France, soit l’équivalent théorique de plus de dix jours fériés supplémentaires.
A quand une réaction digne de ce nom des pouvoirs publics ?