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Mot clé - capitalisme

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vendredi, 19 février 2010

Le capitalisme vert, nouveau stade du capitalisme ?

Voici un petit texte sans prétention, et se voulant d'accès facile, discutant l'hypothèse d'un possible "capitalisme vert" à partir d'un livre largement diffusé de Dominique Nora... A diffuser si vous le jugez utile. Les spécialistes de transition, évolution du capitalisme, etc...seront frustrés...:-)

À propos de l’ouvrage de Dominique Nora, "Les pionniers de l’or vert", Grasset, 2009.

Capitalisme vert ? Emplois verts ? Technologies vertes ou propres ? Vit-on une transformation profonde de notre modèle économique ? L’hypothèse est captivante : la raréfaction des énergies fossiles – plus largement celle des ressources naturelles – et/ou bien la lutte contre le réchauffement climatique, vont renchérir le prix relatif de la production « classique » et rendre rentables de nouvelles technologies ou processus industriels supposées être « verts ». C’est l’hypothèse de base des hérauts d’un « capitalisme vert ». 

La suite....ici.
http://mouvements.info/Le-capitalisme-vert-nouveau-stade.html

samedi, 3 octobre 2009

Climat : droit dans le mur, sauf à agir, NOW !

Article publié par Agoravox ici.

 

De l’ère du constat à l’ère de l’action. Si le cinéma est un reflet pertinent de la société, les films The Age of The Supid de Franny Armstrong et Le Syndrome du Titanic de Nicolas Hulot nous font changer d’époque. Dépassée la période d’information et de sensibilisation sur le changement climatique que pouvaient incarner Une vérité qui dérange d’Al Gore ou Home de Yann-Arthus Bertrand. Finies les successions de chiffres et d’images de paysages magnifiques ou dégradés. Armstrong et Hulot nous disent : « Maintenant que vous savez, vous faites quoi ? ». Nous ? Oui, parce que du côté diplomatique, ça traîne les pieds.

 


Il suffit de jeter un œil aux actuelles négociations de Bangkok pour comprendre que les grands chefs de ce monde laissent l’humanité aller dans le mur en sifflotant. Les Etats-Unis n’ont toujours pas d’engagements à la hauteur des enjeux[1]. Ils refusent, bien soutenus par l’Union européenne, de reconnaître la responsabilité historique du pays du Nord[2] dans le réchauffement climatique alors que 77 % des gaz à effets de serre (GES) jamais émis l’ont été par les pays industrialisés. Les engagements de réduction évoqués sont bien loin des recommandations du GIEC : on évoque 15 % alors que le GIEC préconise 40 % de réduction d’ici 2020. L’Union européenne, qui se présente pourtant comme la championne des propositions ambitieuses, est divisée sur les mécanismes à adopter[3] et ne fait pas forcément avancer les négociations dans le bon sens[4]. Dès lors, à Bangkok, c’est manifestation sur manifestation[5].


 


A 64 jours de l’ouverture du sommet de Copenhague, que faire ? A bien regarder The Age of The Stupid et Le Syndrome du Titanic, on comprend que la tâche est immense. La crise climatique ne sera pas résolue par trois coups de cuiller à pot. C’est bien la crise du capitalisme et la crise de notre civilisation qui sont mises en lumière par ces films. Il ne suffira pas de quelques comportements individuels plus civiques. Alors que Nicolas Hulot s’insurge contre la croissance et notre modèle de production et de consommation, Fanny Armstrong se demande si « l’espèce humaine est suicidaire »[6]. Que faire donc ?

 


Interpeller Nicolas Sarkozy ? C’est ce que propose l’alliance Ultimatum Climatique avec une pétition visant à atteindre un million de signataires. Réveiller les négociateurs ? On a déjà essayé[7] et ça devrait continuerFaire du bruit pour le climat ? C’est ce que proposent Les Amis de la Terre. Pas sûr qu’ils nous entendent. Organiser un grand concert ? C’est également prévu, à l’initiative de Greenpeace. Susciter des milliers d’initiatives, le même jour, dans le monde entier pour revenir à des teneurs en CO2 plus acceptables ? Rendez-vous est pris le 24 Octobre avec notamment, à Paris, 6 heures pour le Climat et la Justice Sociale qui seront organisées par le collectif Urgence Climatique Justice Sociale. Si avec tout cela, cela ne suffit pas, il faudra alors sans doute se résoudre à aller à Copenhague pour construire une immense pression populaire sur les négociations afin d’aboutir à un accord, juste et solidaire, à la hauteur des enjeux. Au risque de s’inviter à la table des négociations[8] ?

dimanche, 16 août 2009

Sortir du capitalisme pour sauver la planète ? (bis)

Nous l’avons déjà écrit : capitalisme libéral et environnement ne semblent pas conciliables. Du moins, pas si l’on souhaite véritablement sauver le climat et protéger l’environnement. Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) lui-même affirmait dans son rapport 2007-2008 que « le modèle économique des pays riches (poussant à la croissance et à la consommation…) est écologiquement insoutenable ». 

Cette fois, c’est pour vous inviter à lire le dernier ouvrage d’Hervé Kempf, journaliste au Monde.

Dans Pour Sauver la planète, sortez du capitalisme (présentation de l’éditeur ici et à acheter ici), Hervé Kempf prolonge son précédent ouvrage, Les riches détruisent la planète (voir ici), en expliquant comment il est absolument vital, pour espérer que l’humanité puisse vivre sur cette planète encore quelques siècles, de transformer radicalement nos modes de vie. Côté production et consommation, cela signifie, pour lui, le dépassement du capitalisme. Pas façon étendard anticapitaliste attendant le Grand Soir ou le Petit Matin, mais façon pragmatique.

En effet, pour Kempf, le capitalisme contemporain est inconciliable avec la protection de la planète en raison de ses caractéristiques intrinsèques – croissance de la productivité, financiarisation de l’économie, corruption généralisée et endémique, accroissement des inégalités. Autant d’éléments qui suscitent une demande croissante d’énergie et de ressources naturelles, une absence totale de régulation démocratique, des comportements insoutenables et ostentatoires des plus riches, etc…

Pour Kempf, pas besoin de nouvelle théorie générale : les alternatives au capitalisme sont déjà là (les AMAP et les initiatives de relocalisation des activités économiques ; la sobriété énergétique par le développement de modes de transports alternatifs, l’isolation thermique etc… ; la diminution des consommations les plus énergivores, etc…) et il suffirait de les sortir de leur marginalité pour en faire une réalité politique incontournable. Dès lors, pourraient se justifier :

  • la réduction des inégalités pour modifier les comportements ostentatoires des plus riches (4X4, villas et maisons secondaires etc…) et imitateurs des classes moyennes ;

  • la réintégration du coût des dégâts écologiques dans les prix des biens pour diminuer la consommation de ceux qui posent le plus de dégâts ;

  • une politique de rationnement des comportements les plus problématiques ;

Au passage, il vous rappelle trois idées fausses selon lesquelles

  • la technique pourrait résoudre quelque problème climatique que ce soit,

  • la consommation d’énergie pourrait continuer de croître,

  • le changement climatique serait le seul problème, nous faisant oublier par là les enjeux de biodiversité, sociaux, démocratiques, etc…

Dépasser le capitalisme qu’il nous écrit…

Emballé, pesé, à vous de jouer !

jeudi, 16 juillet 2009

Nauru : après le colonialisme et le capitalisme…, le désastre ?

 

« Nauru, c’est surtout l’histoire de l’homme qui, une fois son confort matériel assuré, néglige sa culture, oublie son passé et se fout de son environnement. Nauruans, Occidentaux ou Chinois. Sur ce point je pense qu’on se vaut tous. »

Un Australien qui vient régulièrement pour affaires sur l’île.

 

Tout y est.

Une petite population indigène, coupée du monde, vivant dans une île minuscule au milieu du Pacifique. Une pincée d’annexion colonialiste anglo-saxonne. La découverte de ressources fossiles gigantesques. Des luttes entre grandes puissances pour en maîtriser la production et la commercialisation. Un zeste d’homme providentiel. Une décolonisation soft créant la plus petite République de la planète…et l’une des plus riches. De la démesure capitaliste justifiée par l’espoir de prospérité éternelle. L’exploitation des populations immigrées. Des gaspillages en tout genre. La finance offshore.

 

Nauru a tout connu. Aujourd’hui, ce ne sont que des désastres : désastres financier, économique, social, écologique, culturel, sanitaire…

 

Passée d’une petite île comme il y en a tant dans cette partie du Pacifique à l’un des pays les plus riches de la planète dans les années 1970, Nauru est aujourd’hui un Etat en ruine et une île dévastée. Le phosphate, découvert en 1899, a attisé les convoitises coloniales puis suscité l’espoir d’une prospérité sans fin. Au point que sa population, aujourd’hui malade et sans ressource, en a oublié ses repères et sa culture… Négligeant la pêche et le travail de la terre, les Nauruans sont devenus diabétiques à plus de 75 %. Et son gouvernement en est réduit à négocier au plus offrant le peu qui lui reste, quitte à brader son droit de vote à l’ONU ou à louer ses terres à l’Australie pour y accueillir, pendant un temps, ses camps de demandeurs d’asile…

 

Lisez Nauru, l’île dévastée, de Luc Folliett…et ce récit vous taraudera tout l’été : comme il vous apparaitra impensable que l’histoire de Nauru ne soit qu’un regrettable accident sur le chemin de la prospérité rêvée et idéalisée à laquelle nous conduirait un capitalisme plus ou moins régulé, vous passerez votre été à élaborer des alternatives ! Car cela ne peut plus durer… J

 

Rendez-vous en septembre !

 

PS : pour le commander, visitez ce lien d’une petite mais excellente librairie indépendante…

 

lundi, 29 juin 2009

Copenhague : sortir du capitalisme pour sauver la planète ?

Une partie de l’avenir de la planète se joue du 7 au 18 décembre 2009 lorsque les gouvernements du monde se réuniront à Copenhague pour la 15ème Conférence des Nations Unies sur le Réchauffement Climatique (COP-15). Du rapport Stern aux rapports du GIEC,  en passant par les films d’Al Gore et Yann Arthus-Bertrand, les preuves grand public du réchauffement climatique causé par l’Homme sont partout. Le climat se dérègle déjà au delà des prévisions les plus pessimistes.

Le dernier rapport du GIEC indique très clairement que, pour ne pas dépasser une augmentation de 2°C de la température terrestre d’ici la fin du siècle, le monde devra d’ici 2050 réduire ses émissions de gaz à effets de serre de 90 % ! On en est loin. Les engagements de l’UE se limitent à 20 % de réduction pour 2020…

Dans la lignée d’un Ban Ki-Moon pour lequel « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas », le collectif Ultimatum Climatique a publié le 25 mai un appel affirmant que le climat nous lance un ultimatum et qu’un accord est impératif : sur leur site, les jours nous séparant de Copenhague sont d’ailleurs décomptés comme s’il s’agissait de nos derniers jours à vivre. Au risque, qu’à force de mettre le doigt sur l’urgence et l’absolue nécessité d’un accord…, on en vienne à préférer un mauvais accord dicté par les desiderata des Etats-Unis et la Chine, plutôt que pas d’accord du tout. 

Déjà, les Amis de la Terre pointent ce risque. Raison pour laquelle cette association entend lier questions climatiques et justice sociale considérant que la crise environnementale ne se résoudra pas en laissant inchangés les rapports Nord-Sud, le mode de production et de consommation du Nord, les inégalités sociales, etc… Cette approche est également celle du collectif Urgence Climatique Justice Sociale, dont fait partie Attac, qui considère que les pistes techniques telles que l’enfouissement des gaz, les agrocarburants, etc…ne sont en rien des solutions mais une partie des problèmes à résoudre. Ce collectif vient d’ailleurs de publier le compte-rendu d’une rencontre de mouvements sociaux internationaux dont la majorité soutient que le règlement des problèmes climatiques est insoluble dans un système capitaliste, ou tout du moins néo-libéral et productiviste…

 Le PNUD lui-même affirmait dans son rapport 2007-2008 que « le modèle économique des pays riches (poussant à la croissance et à la consommation)… est écologiquement insoutenable ».

Tout un programme…