
« Lui, c'est Rudi. Il n'a pas trente ans. Elle, c'est Dallas. […] [Ils] travaillent à la Kos, une usine de fibre plastique. Le jour où l'usine ferme, c'est leur vie qui vole en éclats, alors que tout s'embrase autour d'eux. […] Une ville où la lutte pour la survie dresse les uns contre les autres, ravage les familles, brise les règles intimes, sociales, politiques. Dans ce monde où la raison financière l'emporte sur le souci des hommes, qui doit mourir ? Qui peut vivre ? »
L’éditeur présente ainsi Les vivant et les morts, roman de
Gérard Mordillat, paru en 2006. C’est le récit d’une petite ville de l'est de
la France, Raussel, qui n'existe qu'à travers son usine,
Si vous ne l’avez pas lu, lisez-le !
Les conflits sociaux chez Molex, Michelin, New Fabris, Nortel, LyondellBasell, Servisair-Cargo, Legré-Mante, SKF, JLG-France, papèterie de Malaucène…et bien d’autres ne sont pas sans rappeler ce maelström humain, social et politique que Mordillat nous conte avec brio.
A chaque fois, c’est quasiment la même histoire : des taux de rentabilité financiers impossibles à satisfaire, des salariés pris pour une simple variable d’ajustement, des vagues de licenciements précédant la fermeture du site, etc…
On résiste comme on peut.
Ce sont les luttes menées par celles et ceux qui n’ont pas grand-chose et qui sont en train de perdre le peu qui leur reste. Ils perdent un travail, un revenu, une dignité…et par conséquent, et c’est souvent bien plus important, ils perdent une maison, une vie familiale et des relations sociales. Dépourvus de tout, elles et ils sont prêts à tout. Ou presque.
A
l’usine Michelin de Saône-et-Loire, on a retenu quatre membres de 
Les New Fabris, Nortel et JLG-France ont usé de la stratégie de la bonbonne de gaz, avec succès pour les JLG.
Les Molex veillent sur leur matériel en occupant l’usine et en exigent de Peugeot le rachat du site. Occupation de site également pour les 50 salariés de Legré-Mante (Marseille).
Les salariés licenciés du groupe chimique néerlandais LyondellBasell (Bouches-du-Rhône) menacent de couper une conduite d’éthylène alimentant trois usines de Berre.
Au point que le gouvernement et la majorité parlementaire s’inquiètent de ce qui est appelé « la radicalisation des mouvements sociaux », ou encore le « chantage à la bonbonne de gaz ». On annonce une « rentrée chaude et tendue », une situation presque « insurrectionnelle », voire la « jungle ». Certains, comme l’ineffable Eric Raoult, maire du Raincy, craignent de nouvelles révoltes dans les quartiers avec les milliers de jeunes qui ne trouveront pas d’emploi à la rentrée.
Les augures de nos prophètes UMP cherchent à attiser les peurs…
Rassurons-les pourtant : en Chine, c’est un patron trop bien payé qui vient d’être tué par ses ouvriers !