Après le 6 mai, revenons sur la démagogie d'un slogan en s'appuyant sur cet excellent document, en 5 points :
- les Français-es n'en veulent pas (cf. ici) : une majorité de Français (53%) veulent voir « leur durée de travail actuelle garantie par la loi », plutôt que « pouvoir travailler plus pour gagner plus » (45%) ;
- travailler plus de 35 heures c'est déjà possible : le décret du 21 décembre 2004 a élargi le contingent d'heures supplémentaires à 220 heures par an et par salarié, dans le cadre d'une durée maximale fixée à 48 heures.
- le choix de travailler plus pour gagner plus n'appartient jamais au salarié : le pouvoir d'allocation du travail dans une enteprise reste foncièrement celui du patron, et non du salarié. Le premier décide du temps de travail et des horaires du second : les salarié-e-s en temps partiels subis le savent bien !
- les taux de majoration des heures supplémentaires n'ont cessé d'être revus à la baisse, notamment pour les PME : dans les entreprises de moins de 20 salariés, une personne au SMIC ayant effectué 4 heures supplémentaires percevra 10 % de 8,27 euros multiplié par 4, soit 3,3 euros ! Enorme !
- plutôt que d'augmenter les bas salaires, il s'agit donc d'augmenter (peu) le niveau de vie en augmentant (beaucoup) la quantité de travail, ce qui revient à pérenniser les bas salaires et conforter l'inégale répartition des richesses.
Pour un dossier complet, voir ici.